Divine Comédie


 
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 It's time to get to know each other || Tennessee

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Tennessee Williams
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Héro ... ïnomane


J'ai : 23 ans et je suis : célibataire . Mon avatar est : Dave Franco . :

et j'ai posté : 89 messages depuis que j'ai rejoint le forum le : 04/11/2016 pour mon profil et j'ai : 501 points. Dernier petit détail, je joue également : Maxwell

MessageSujet: Re: It's time to get to know each other || Tennessee   Ven 2 Juin - 22:23


 It's time to get to know each other

- Eva — Ten -


The worst things in life come free to us 'Cause we're just under the upper hand And go mad for a couple grams

« The needle tears a hold
The old familiar sting
Try to kill it all away
But I remember everything
»

Tennessee avait chipé dans le sac de courses d’Eva de la pâte à cookies industrielle, toute faite, le genre de chose à mettre au four et à regarder gonfler avec envie pendant que son cerveau inonde le corps d’endorphines à la simple idée d’une telle quantité de sucre. Pris d’une rare envie sucrée, le petit humain ouvrit le paquet et commença à manger la pâte crue. Il avait toujours fait ça, depuis qu’il était tout petit. Pour lui, les pâtisseries crues étaient meilleures que celles cuites. C’était son côté gamin qui chipait dans la cuisinière de sa mère pendant qu’elle regardait ailleurs avant de nier toute implication dans la moustache de chocolat au-dessus de sa lèvre.

« Bien sûr. C'est dans leur intention. Autant de temps qu'il faudra, je suppose »

Tennessee souffla du nez, à moitié entre le rire et l’exaspération. C’était naïf de penser ça mais, elle ne pouvait pas se douter. Elle ne connaissait pas l’histoire de la famille Williams. Enfin, l’histoire récente. La précision était importante tant la famille ressemblait à une maison de poupée absolument parfaite avant les évènements de ces dernières années. Elle lui demanda si ça l’inquiétait et il haussa les épaules. Ce n’était pas vraiment de l’inquiétude. Ses parents l’avaient déjà mis à la rue, n’avaient pas daignés se déplacer pour le voir pendant son séjour en prison et il vivait à l’écart, de l’autre côté du pays. Cette situation lui convenait, un endroit où dormir, une salle de bain, de la nourriture et quelqu’un avec qui partager les petites joies du quotidien.

« Ne t'en fait pas. Je me doute qu'il s'est passé beaucoup de choses entre vous, j'ignore de quoi il s'agit et ça ne me regarde pas : mais tes parents ne feraient pas ça s'ils se fichaient de toi. Ce sont tes parents après tout, ils t'aiment »

Son expression trahissait son scepticisme, tordant son visage enfantin dans une moue plus que dubitative.

« Enfin... cela doit être ainsi. Les parents aiment leurs enfants et doivent faire de leur mieux pour s'occuper d'eux. Je suis peut-être naïve mais je ne peux pas concevoir qu'il existe des parents qui rejettent leurs enfants, les abandonnent ou ... »

Là, Tennessee rigola clairement avant de demander :

« Et ça va il fait bon au pays des bisounours ? Il y a du soleil ? »

Il avait vécu dans la rue, dans beaucoup d’endroits peu reluisants. Il connaissait les quartiers pauvres, la déliquescence, les pères de famille friqués qui venaient s’emplir le nez de poudre blanche pendant que leurs rejetons poireautaient devant une quelconque console. La vie était dégueulasse et, les gens bienpensants adoraient s’offusquer devant des reportages sur les tortues qui abandonnent leurs œufs sur une plage alors que, partout autour d’eux, à chaque seconde, des familles se brisaient et des destins étaient étouffés.

Il s’installa sur le canapé, allongé dans les longueurs, les jambes dépassant de l’accoudoir. Il continua à grignoter sa pâte à cookie avant de prendre une décision. Eva devait savoir ce qui s’était passé, peut-être qu’elle prendrait sa situation et le risque que les finances se coupent du jour au lendemain un peu plus au sérieux.

« Mes parents m’ont envoyé vivre chez ma grand-mère pour m’éloigner de New York et des mauvaises influences quand j’ai fait une overdose. J’ai pas arrêté l’héro et 2 mois après j’étais à la rue. J’ai vécu comme ça sans nouvelles d’eux, ils en avaient rien à foutre de ma gueule. Juste à Noël dernier je les ai appelés et ils m’ont filé de la thune parce que le père Mike demandait trop souvent où j’étais passé. J’ai passé 6 mois à la rue et ils le savaient très bien, ils m’avaient même pris mes clés de voitures pour éviter que je puisse la vendre et toucher un peu de sou. Quand je me suis retrouvé en taule, ils ont pas voulu me payer un avocat, ils ne sont jamais venus me voir. Ils ne veulent plus entendre parler de moi, ils te paient juste pour apaiser leur conscience et se persuader qu’ils ont tout fait au mieux. Mais, bientôt ils se diront qu’ils ont fait leur possible, que je suis irrécupérable et que c’est pas une bonne idée d’alimenter mes problèmes. Et ce jour-là, on se dira au revoir. Ils m'ont adopté, ils ne se sentent pas responsables de mon sort. Un peu comme mes parents biologiques »

Evidemment, il ne parla pas des raisons qui l’avaient fait découvrir l’héroïne. Il n’en avait jamais parlé et, préférait oublier cette partie de sa vie même s’il ne pourrait sans doute jamais. Quant au côté adoption, il n'avait pas trop de mal à en parler. Il le savait depuis très longtemps et, c'était assez évident tant il ne ressemblait pas à monsieur et madame Williams. Quant à ses parents biologiques, il ne les connaissait pas, même pas leur nom et, s'en foutait un peu. Soit ils étaient morts, soit ils n'en avaient rien à foutre de lui. Et, si la deuxième option se vérifiait, il avait déjà assez de parents qui s'en foutaient de lui comme ça que pour courir après des inconnus.

Il se redressa dans le canapé pour la regarder en face et lui demander :

« Depuis qu’on vit ensemble, est-ce que juste une fois ils t’ont demandé de me passer un message ? Est-ce que juste une fois ils ont appelé ? Nan. Ils finiront par ne plus te payer, et j’aurai deux options, l’overdose ou la prison. Ce n’est pas plus difficile que ça »

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Eva R. Blake
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J'ai : 28 ans et je suis : divorcée. . Mon avatar est : Katheryn Winnick. . :

et j'ai posté : 45 messages depuis que j'ai rejoint le forum le : 01/11/2016 Je n'oublie pas de remercier : balaclava pour mon profil et j'ai : 399 points. Dernier petit détail, je joue également : personne. Inventaire : : Télékinésie

MessageSujet: Re: It's time to get to know each other || Tennessee   Sam 3 Juin - 21:36


It's time to get to know each other.
Préoccupée par d'anciennes images qu'Eva peinait à refouler, elle ne s'attarda pas sur le rire moqueur et les paroles du jeune homme. Ces dernières passèrent sur elle sans plus d'effet que ça. La tristesse qui menaçait de l'étreindre était plus importante que l'effet des paroles de Tennessee pouvait avoir. Quelqu'un d'autre aurait pu se vexer et ne pas apprécier le geste de Tennessee. Ce qui pouvait se comprendre, mais également sa position. Avec un tel passé, qu'y avait-il de surprenant à ce qu'il s'exaspère d'entendre ça ? De l'autre côté, s'il avait eu les yeux en face des trous, il aurait rapidement deviné le trouble qui s'était saisie d'elle. Seulement, il semblait trop centré sur sa propre vie pour remarquer celle des autres. C'était plutôt ironique, alors qu'ils se connaissaient depuis un an déjà. Pourtant, Eva avait le sentiment qu'ils n'étaient que des étrangers.

Pendant que Tennessee s'était affalé sur le canapé, toujours en mangeant la pâte à cookie qu'il avait pris (une des rares choses dont il s'était décidé à lui en faire part. C'était difficile de satisfaire gustativement quelqu'un sans connaître ses préférences), Eva avait continué à ranger. C'est en remarquant qu'elle manquait de ranger les yaourts dans un tiroir qu'elle se retint de soupirer d'exaspération. Ce n'était pas du tout, mais du tout, le moment de penser à tout ça. La jeune femme ne comptait pas détruire le peu de chance qu'elle avait de rendre vraiment Tennessee à l'aise en se renfermant sur elle-même, en ressassant du noir. Elle s'était arrêté quelques secondes, face à l'évier, dos à Tennessee, quand il reprit la parole. « Mes parents m’ont envoyé vivre chez ma grand-mère pour m’éloigner de New York et des mauvaises influences quand j’ai fait une overdose » Cette amorce eut le mérite de l'intéresser directement. Elle se retourna dans sa direction et le regarda fixement. « J’ai pas arrêté l’héro et 2 mois après j’étais à la rue. J’ai vécu comme ça sans nouvelles d’eux, ils en avaient rien à foutre de ma gueule » Cette annonce la percuta de plein fouet. Elle ne pouvait, ne voulait pas, concevoir une telle chose. Elle avait beau essayé, elle ne pouvait comprendre ni tolérer un comportement semblable. Eva ignorait combien cela devait être dur de voir son enfant s'auto-détruire volontairement, plus particulièrement avec de la drogue, mais ce n'était pas une excuse. Evidemment, elle s'était elle-même sentie dépassée face à ce que vivait sa fille. Mais elle estimait avoir fait de son mieux pour elle, jusqu'aux derniers instants. Tennessee était en vie, lui. Comment ses parents pouvaient-ils le laisser tomber, surtout en sachant ce qu'il pouvait vivre dehors, tout seul ? A cet instant, elle sentit les braises de la colère apparaître. « Juste à Noël dernier je les ai appelés et ils m’ont filé de la thune parce que le père Mike demandait trop souvent où j’étais passé. J’ai passé 6 mois à la rue et ils le savaient très bien, ils m’avaient même pris mes clés de voitures pour éviter que je puisse la vendre et toucher un peu de sou. Quand je me suis retrouvé en taule, ils ont pas voulu me payer un avocat, ils ne sont jamais venus me voir. Ils ne veulent plus entendre parler de moi, ils te paient juste pour apaiser leur conscience et se persuader qu’ils ont tout fait au mieux. Mais, bientôt ils se diront qu’ils ont fait leur possible, que je suis irrécupérable et que c’est pas une bonne idée d’alimenter mes problèmes. Et ce jour-là, on se dira au revoir. Ils m'ont adopté, ils ne se sentent pas responsables de mon sort. Un peu comme mes parents biologiques » Ce n'était plus la colère, maintenant, qui dominait, mais bien un sentiment d'injustice. Sans doute dû à un excès de sensibilité, elle éprouva énormément de peine pour lui et son regard s'adoucit en conséquence. Celui-ci se perdit dans le vague en songeant à l'injustice qu'elle ressentait  ils avaient de la chance d'avoir toujours leur enfant, mais l'abandonnaient, alors qu'il traversait une mauvaise passe. Certes, il s'agissait bien plus qu'une « mauvaise passe », mais ce n'était pas irréversible. Tennessee pouvait s'en sortir. Cela n'avait pas été le cas d'Emilia, ni de beaucoup d'autres personnes. Naïvement, elle souhaitait faire confiance à ces parents et croire qu'ils feraient de leur mieux, à leur manière, pour aider leur fils. Ils l'avaient adopté, non ? Ces gens-là souhaitaient vraiment être parents. On ne pouvait pas abandonner son rôle lorsque cela devenait trop difficile. Elle ne minimisait pas leur difficulté, mais en tenant compte de ce qu'elle avait traversé, elle ne pouvait penser différemment. Qu'aurait-elle donné pour voir sa fille courir à nouveau dans l'appartement, jouer avec ses peluches et faire des soirées Disney avec elle ? Tout. Absolument tout.

Elle ne le remarqua pas se redresser, ni son regard posé sur elle. Seules ses paroles réussirent à la sortir de ses pensées. « Depuis qu’on vit ensemble, est-ce que juste une fois ils t’ont demandé de me passer un message ? Est-ce que juste une fois ils ont appelé ? Nan. Ils finiront par ne plus te payer, et j’aurai deux options, l’overdose ou la prison. Ce n’est pas plus difficile que ça » « Si, ils ont appelé » Elle réussit à le surprendre. « Et pas qu'une fois. Pour demander comment cela se passait, comment tu allais » précisa-t-elle. Peut-être était-ce pour donner un semblant de vérification sur leurs finances, s'assurer que leur argent servait bien à quelque chose. Elle l'ignorait, vraiment. Après tout, elle ne les connaissait pas. Ils n'étaient que ses employeurs. Pour eux, elle n'éprouvait aucun sentiment particulier, hormis un vague sentiment de mépris. Toutefois, un détail la fit tilter et elle vrilla son regard sur son colocataire : « Tu sembles persuadé que le jour où ils ne me payeront plus, je te jetterais dehors ». Elle devança son air blasé en enchaînant : « Ce n'est pas dans mes intentions. Je me doute qu'ils ne continueront pas ainsi pendant des années. Le jour où cela sera le cas, j'aurais toujours de quoi me retourner ». Elle le pouvait. Ses anciens collègues seraient ravis de la revoir. Elle apprécierait sûrement reprendre du service, se changer les idées. Elle était douée pour ça. « Je me fiche de tes parents, mais pas de toi. Libre à toi de me croire ou non. Il n'y a aucune raison immédiate qui me pousserait à changer d'avis. Je ne compte pas me mettre en ménage dans un avenir proche, ni prendre un nouveau colocataire, ni partir loin. Je ne sais pas de quoi l'avenir est fait, mais tu seras libre de rester ici si tu le veux » conclut-elle avant d'aller ranger son sac de courses dans l'armoire. Leur collaboration ne pouvait pas être éternelle : ils n'étaient pas si proches que ça et un jour viendrait où, Eva devra refaire sa vie. Si pour l'instant elle ne se sentait pas prête, cela ne serait pas le cas éternellement.  Mais elle disait vrai : dans l'immédiat, il n'y avait strictement aucune raison pour que cela change. Elle ne comptait pas jouer à la mélodie du bonheur dans les mois à venir. Tennessee n'avait pas de souci à se faire pour le moment. Toutefois, pour être tout à fait honnête, Evangeline espérait sincèrement qu'il allait s'en sortir dans les mois qui viennent ou dans un avenir plus ou moins proche. Réussir à trouver la motivation et l'envie de sortir de cette situation. Naïve, encore, elle l'était peut-être. Elle préférait être optimiste plutôt que pessimiste – ça ne faisait que gâcher la vie. En revenant dans le salon, elle resta debout et posa les mains sur le dossier du canapé, surplombant Tennessee qui était resté avachi dessus : « Maintenant, dis-moi : est-ce que tu es là ce soir ? Si oui, tu as envie de quelque chose ? ». Même si elle tenait à changer de sujet, c'était également lié au fait qu'elle n'attendait pas de réponse de sa part. Il ne lui faisait sans doute pas confiance et avait des raisons de douter de ses paroles. Que cela ne tienne : il finirait pas se rendre compte qu'elle était sincère. Que ce soit en ayant appris à lui faire confiance ou en confrontant la théorie à la réalité.


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MessageSujet: Re: It's time to get to know each other || Tennessee   Dim 9 Juil - 22:22


 It's time to get to know each other

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A peine Tennessee avait-il finit de parler qu’elle répondit :

« Si, ils ont appelé. Et pas qu'une fois. Pour demander comment cela se passait, comment tu allais »

Soit elle mentait pour le réconforter, ce qui était très probable. Soit, elle disait la vérité mais dans ce cas, pourquoi ne jamais lui avoir parlé de ces fameux coups de fil ? De toute façon, Tennessee n’y croyait pas, il savait que ses parents se gardaient leur distance le plus possible. Néanmoins, dans le fond, ça lui faisait mal d'apprendre ça. Ainsi, ils ont appelés plusieurs fois mais, sans jamais demander à lui parler ou lui transmettre un message. C'était blessant.

« Tu sembles persuadé que le jour où ils ne me payeront plus, je te jetterais dehors. Ce n'est pas dans mes intentions. Je me doute qu'ils ne continueront pas ainsi pendant des années. Le jour où cela sera le cas, j'aurais toujours de quoi me. Je me fiche de tes parents, mais pas de toi. Libre à toi de me croire ou non. Il n'y a aucune raison immédiate qui me pousserait à changer d'avis. Je ne compte pas me mettre en ménage dans un avenir proche, ni prendre un nouveau colocataire, ni partir loin. Je ne sais pas de quoi l'avenir est fait, mais tu seras libre de rester ici si tu le veux »

Tennessee leva les yeux au ciel, peu convaincu par ce déballage de bons sentiments. En fait, il n’y croyait tout simplement pas. Ce n’était pas contre Eva elle-même mais, il fallait être naïf pour croire que quelqu’un de sain d’esprit le garderait sous son toit sans aucune compensation financière.

« Maintenant, dis-moi : est-ce que tu es là ce soir ? Si oui, tu as envie de quelque chose ? »

Il se releva du canapé et la regarda directement :

« Non je sors, mais je sais que toi tu retournes au pays des merveilles. Et s’il te plait Mère Teresa, arrête avec tes discours. Ici on est dans le vraie vie, pas dans un bouquin. Tu ne vas jamais me garder plus longtemps. Ou alors, si tu le fais vraiment, c’est que t’es franchement conne, pardonne moi l’expression. Tu ne penses pas que si je me fais arrêter un jour, ce qui arrivera sans le moindre doute, qu'ils viendront fouiller chez toi, retourner tout ton bel appart ? Et s’ils trouvent un seul sachet que j’ai laissé, tu finiras derrière les barreaux. Ça, c’est la réalité. Donc, de nouveau, il y a deux options. Soit tu me mens, soit t’as pas pensé à tout ça et t’es une naïveté ridicule ma pauvre fille. Quoi qu’il en soit, tes fantasmes, tu les gardes pour toi c’est clair ? »

Ses mots avaient le mérite d’être clairs. Tennessee n’en pouvait plus des bonnes intentions en mots qui ne se traduisaient jamais par des actes. Le monde était ainsi fait et, le jeune camé ne croyait plus à la charité. Sur ce, il se servit dans les courses et retourna dans sa chambre, bien décidé à couper court à ce genre de conversations. Juste avant de franchir la porte il se retourna :

« Et si mes parents ont effectivement envie de te parler mais, pas à moi, dis-leur que je les emmerde. Je les emmerde eux, leur conscience de merde et leur argent »

Il claqua la porte et s’installa ensuite sur son lit, désirant plus que tout une bonne dose d’héroïne sur le moment.

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Eva R. Blake
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MessageSujet: Re: It's time to get to know each other || Tennessee   Lun 10 Juil - 20:23


It's time to get to know each other.
Eva ne s'attendait pas à une si vive réaction. Ses yeux trouvèrent rapidement ceux de Tennessee, qui se lança dans une longue tirade empreinte de colère et d'irritation : « Non je sors, mais je sais que toi tu retournes au pays des merveilles. Et s’il te plait Mère Teresa, arrête avec tes discours. Ici on est dans le vraie vie, pas dans un bouquin. Tu ne vas jamais me garder plus longtemps. Ou alors, si tu le fais vraiment, c’est que t’es franchement conne, pardonne moi l’expression. Tu ne penses pas que si je me fais arrêter un jour, ce qui arrivera sans le moindre doute, qu'ils viendront fouiller chez toi, retourner tout ton bel appart ? Et s’ils trouvent un seul sachet que j’ai laissé, tu finiras derrière les barreaux. Ça, c’est la réalité. Donc, de nouveau, il y a deux options. Soit tu me mens, soit t’as pas pensé à tout ça et t’es une naïveté ridicule ma pauvre fille. Quoi qu’il en soit, tes fantasmes, tu les gardes pour toi c’est clair ? » En temps normal, Eva aurait réagi. Elle se serait certainement laissée emporter par sa colère. Chose qui lui arrivait constamment. Pourtant, en ces circonstances, elle se sentait étrangement ailleurs. Si bien que les mots blessants mais parfois véridiques de Tennessee passèrent sur elle sans causer de dégâts. En réalité, elle ne prenait pas vraiment conscience de ce qu'il déblatérait. Son corps physique semblait présent, mais il n'en était rien de son attention. Certains mots eurent plus d'impact que d'autre, sans que cela n'entraîne de vexation. La jeune femme ne sembla même pas se rendre compte que Tennessee s'était déplacé pour charparder ce qui l'intéressait dans les courses du jour. Le regard dans le vague, elle restait immobile. Elle s'y trouvait encore lorsque Tennessee se dirigea vers sa chambre. Quand il reprit la parole, Evangeline releva machinalement les yeux et le regarda. Elle le voyait sans le voir : comme s'il n'était qu'un fantôme. « Et si mes parents ont effectivement envie de te parler mais, pas à moi, dis-leur que je les emmerde. Je les emmerde eux, leur conscience de merde et leur argent » Elle tressaillit légèrement en entendant la porte claquer. Un geste plus superflu qu'autre chose, compte tenu du fait qu'Eva avait saisi le fait que Tennessee soit en colère. Par sa faute. Encore une fois. Alors qu'elle fermait les yeux en essayant d'échapper à ses pensées, celles-ci la submergèrent. Tu ne fais rien comme il faut. Tu es incapable d'aider quelqu'un. Tu ne fais qu'enchaîner les erreurs. Lamentable. Malgré elle, sa main se serra si fort qu'elle craignit pendant un instant de déchirer le tissu qui recouvrait le divan. Aussitôt, elle le lâcha. Au bout de quelques secondes, elle daigna revenir dans la cuisine. Avec des gestes au ralentis, elle s'attela à sa tâche et rangea comme elle le pouvait. Tu n'y arrives pas. Regardes, ça fait six mois et vous n'êtes pas plus proches qu'au début. Il n'y eu a aucune amélioration. Tais toi. Tu aggraves les choses. Même un boulot de baby-sitting est trop difficile pour toi. Arrête. Tu mens comme tu respires : ce n'est pas lui qui a besoin de toi, mais toi qui a besoin de lui. ARRÊTE. Le torchon vola à travers la cuisine. Le geste brusque d'Eva suffit pour faire tomber un verre entreposé sur l'égouttoir. Celui-ci se cassa en plusieurs morceaux sur le sol. « Merde » pesta-t-elle. Maladroite, en plus de ça.

Elle entama un mouvement pour se baisser au moment où un souvenir surgit. Le genre de souvenir qu'elle essayait d'oublier depuis maintenant deux ans. Elle se crispa et se redressa. Il fallait que ça cesse. D'un geste inconscient, elle fit mine de lisser son tee-shirt avant de prendre le nécessaire dans l'intention de réparer ses bêtises. La jeune femme détestait le printemps et son lot de problèmes. Elle détestait se sentir changer sans pouvoir faire quoique ce soit. Evangeline avait l'impression de ressentir les symptômes de ses problèmes féminins trop souvent. Déjà qu'en temps ordinaire, elle s'énervait facilement … Plus encore, Eva restait consciente de sa solitude mais une fois cette saison arrivée, elle ne le sentait que trop bien. C'était insupportable. Les souvenirs revenaient dans des moments incongrus, la prenant par surprise et la plongeant irrémédiablement dans un drôle d'état. Comme aujourd'hui. Evangeline essaya de regagner sa chambre mais, un sentiment familier la saisit à la gorge. Une angoisse pure et dure : elle ne pouvait rester enfermée dans cette chambre. Elle se sentait étouffer, mourir d'asphyxie à petit feu. Non, il était hors de question qu'elle reste enfermée plus longtemps. Fort heureusement, Eva avait une idée pour arranger sa situation.

Elle prit sur elle pour pénétrer dans son espace familier et composa un numéro de son répertoire. La conversation débuta naturellement, échangeant quelques mots, avant qu'Eva parle de ce qui l'intéressait. Sa proposition fut acceptée – à son plus grand soulagement – et elle ne tarda pas à raccrocher. En attendant, la jeune femme devait s'occuper. Sa résolution prise, elle se sentait beaucoup mieux. Une fois passée l'étape de la douche/rhabillage, elle s'empara de son sac et hésita devant la porte de Tennessee. Puis, elle s'exaspéra de son hésitation et toqua sèchement à la porte : « Je sors. J'ai mon téléphone avec moi si tu as besoin ». Étrangement, elle se sentait coupable. Quelle idiotie. Depuis quand lui devait-elle quoique ce soit ? C'était surtout son travail. Eva était censée rester avec lui. Seulement, elle se sentait étouffer et allait commettre une bêtise si elle restait cloitrée plus longtemps. Il valait pour elle comme pour lui qu'il évite de découvrir qu'il habitait avec une louve. « Passe une bonne journée » finit-elle par dire plus faiblement avant de se détourner et de sortir.

Eva n'eut aucun mal à s'occuper. Marcher lui fit le plus grand bien. L'air frais eut le mérite de calmer ses nerfs et d'apaiser pour un temps ses sentiments négatifs. La musique dans les oreilles lui permit de penser à autre chose, du mieux qu'elle le pouvait en pareilles circonstances. Ses pas la guidèrent bientôt dans un endroit habituel. Elle salua les personnes derrière le comptoir avec un sourire et s'attabla. Sans plus de cérémonie, elle se mit à son aise et recommença son rituel. Les heures s'écoulèrent facilement. Quelques souvenirs tenaces tentaient de se frayer un chemin dans ses pensées, si bien qu'elle ne réussit pas à tous les refouler. Lorsque l'heure approcha, elle rentra à l'appartement. Elle fila se préparer et fit des allers-retours entre la salle de bain et sa chambre. Un bruit dans la chambre de Tennessee lui était parvenu aux oreilles. Cela signifiait deux choses : 1. Il était là. 2. Il était vivant. Tant mieux. Après quelques messages, elle daigna s'activer. Il était temps de s'en aller pour de bon.

Ce n'est que le lendemain matin qu'elle refit son apparition à l'appartement. Dès qu'elle fut débarrassée de son sac et de sa veste, elle se précipita dans la salle de bain et observa les dégâts. Elle remercia silencieusement la création du liquide démaquillant et s’attela à la tâche. Pour finir, Evangeline se passa de l'eau sur le visage. C'était bien mieux. La faim l'attira bien vite dans sa cuisine, où elle s'empara d'un muffin. Un soupir de satisfaction lui échappa. Tout bien réfléchi, Eva aurait pu lui demander un petit-déjeuner. C'était la moindre des choses, après tout. Il lui devait bien ça. Haussement d'épaules. Tant pis. La prochaine fois, elle ne se gênerait pas, en priant pour qu'il y ait quelque chose d'appétissant à se mettre sous la dent. Toutefois... Même si elle mourrait de faim, elle aurait quand même entendu les pas de Tennessee. Déconcertée, elle le regarda, marmonna un « Bonjour » et suça les miettes qui restaient sur ses doigts. Elle jeta le bout de papier dans la poubelle et se servit un verre. Des gestes machinaux. Un matin comme tous les autres... en théorie. Un peu plus, une maladresse, une simple erreur et son secret serait dévoilé au grand jour. Eva devra redoubler de vigilance sur ses agissements les prochains temps. Quelle calamité. On aurait pu croire que cela lui serait naturel, étant donné qu'elle avait intégré le monde des êtres humains et vivait parmi eux. C'était faux. On ne pouvait jamais cacher longtemps sa vraie nature.


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MessageSujet: Re: It's time to get to know each other || Tennessee   Lun 10 Juil - 22:24


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Tennessee expérimentait une colère froide, bien particulière et plutôt adaptée à la situation. La discussion ne nécessitait pas de cris, de grands gestes brusques ou de larmes aux yeux. C’était autre chose. Après tout, le camé de service n’avait jamais eu le sang particulièrement chaud, cadeau de ses ancêtres reptiles. Il s’allongea sur le lit, provoquant un petit grincement et passa ses mains sur la peau blanchâtre de son visage. Un soupir s’échappa, blasé, fatigué. Qu’est-ce qu’il pouvait être lassé des fois. Un peu comme un vieillard de quatre-vingt-dix ans qui attendait la mort, assis sur son porche à regarder passer les autres.

Peu de temps après, elle vint lui annoncer qu’elle sortait et, il répondit d’un grognement. Non, il n’avait pas régressé jusqu’à l’air des cavernes, ne s’était pas changé en chien et ne râlait pas particulièrement. Le petit humain avait simplement décidé de changer de position, à plat ventre sur son lit, la gueule enfoncée dans son coussin. Ainsi, toute parole se transformait en grognement étouffé. Son attitude était d’ailleurs très proche de celle d’un film.


Lorsqu’elle s’en alla, il sortit de son cocon bien chaud et décida de s’éloigner aussi un peu de l’appartement. Un peu d’air lui ferait le plus grand bien. Bon c’était Los Angeles, avec le soleil même s’ils n’étaient pas en pleine saison, l’air n’était jamais frais. Néanmoins, l’étoile du jour lui fit du bien et il se surprit à traîner à la plage. Certains disaient que la lumière était la meilleure thérapie. Pour une fois, il voulait bien y croire. Il passa ainsi quelques heures, accompagné de son téléphone, entouré de quelques touristes mais, surtout d’habitués. Bien évidemment, il ne pouvait pas s’empêcher de réfléchir. Sa situation était devenue plutôt stable et, dans le fond, il appréciait cette stabilité, les déjeuners avec Eva, les courses, même le ménage n’était pas tant une corvée qu’il le laissait croire. Le seul problème, c’était que rien n’est immuable, la situation ne durerait pas. Au final, il avait peur de s’y attacher et d’être déçu, encore. C’était ça qui était douloureux. La rue, le froid, les squats délabrés, l’illégalité, tout ça, ce n’était rien comparé au fait de se sentir abandonné et trahi.

Il n’en voulait pas vraiment à Eva, elle faisait son job et essayait de le rassurer mais, quoiqu’elle puisse faire ou dire, il y avait cette partie dans le cœur de Tennessee qui ternissait son regard mordoré. Un petit animal blessé, mutilé, sale et très en colère, qui feulait sur tout ce qui passait à sa portée depuis que ses propriétaires l’avaient abandonné sur une aire d’autoroute, attaché à un arbre. C’était cette créature qui se cachait dans le cœur du petit camé et n’était pas prête à quitter son nid douillet.

Tennessee rentra à l’appartement avant le soir, un peu d’héroïne dans la veine. Depuis plusieurs mois, il n’en ramenait plus sous forme de poudre chez Eva. Il ne voulait pas lui attirer d’ennuis. Et puis, c’était un peu plus sain d’avoir une chambre sans une once de la substance, comme un lieu de refuge. Même lui s’en rendait compte. Il se contenta de rester dans sa chambre et de s’occuper avec un livre, les pupilles en tête d’épingle. Le bouquin était si intéressant, qu’il s’endormit dessus et, se réveilla 6h plus tard avec une page collée à la joue et un filet de bave.

Sa carcasse finit dans la salle de bain, dans la baignoire plus précisément. Il avait toujours adoré les bains et, l’eau chaude était un véritable réconfort. De sa vie de squatteur illégal, c’était bien ce qui lui manquait le plus. Le froid, l’inconfort et la course permanente, il pouvait l’encaisser. L’absence d’eau chaude était une autre question. Devant le miroir, il se fit la réflexion qu’il serait temps d’aller chez le coiffeur. Ses cheveux étaient trop longs à son goût et il n’aimait pas l’aspect qu’ils prenaient. Quinze dollars en poche, il se rendit chez le coiffeur du coin, décidé à arranger ça. C’était quinze dollars en moins pour acheter de l’héro mais, l’investissement était réel. Levé aux aurores, il était d’ailleurs le premier client de la boutique. Tout ce qu’il espérait, c’était que l’artisan soit aussi réveillé que lui.

Le résultat était plutôt convaincant et, il se fit la promesse de revenir ici. Il retourna à l’appart et s’installa devant la télévision. Toute la rue sur son chemin sentait bon le café et les viennoiseries qui rendent obèses mais, tous ces parfums n’avaient pas réussi à lui ouvrir l’appétit. L’héroïne était un puissant coupe-faim, étonnant que les femmes n’aient pas encore pris le produit d’assaut. Eva était rentré et Tennessee l’observa depuis son canapé. Elle avait l’air assez perturbé. Est-ce que c’était à cause de leur dispute ? Possible. Néanmoins, il la laissa tranquille et ne se montra pas particulièrement désagréable. La pauvre avait l’air assez fatiguée, Tennessee éprouva un peu de peine et se dit que, même si tout ça allait finir mal, il pouvait quand même faire un geste. Ce fut quand cette idée lui vint à l’esprit que le Tennessee originel pointa le bout de son nez.

Eva devait être absente toute la fin de l’après-midi. Pourquoi ? Des problèmes d’adultes. Rien de sexuellement transmissible, juste les impôts. Elle avait rendez-vous dans un bâtiment où même les murs menaçaient de s’écrouler d’ennui. Lorsqu’elle disparue, Tennessee se servit dans l’argent qu’elle laissait pour lui et se rendit en ville. Pour une fois, il n’acheta pas d’héroïne mais, se rendit dans des magasins plus traditionnels. Boucherie, maraicher, boulangerie et fromagerie française. Loués soient la gastronomie du pays au coq. Quand il vivait chez ses parents à New York, ils mangeaient souvent français et, achetaient leur nourriture dans des magasins du même pays. La nourriture américaine était dégoutante, le pain et le fromage n’étaient que des substituts. Il prit même une bouteille de vin. De retour à l’appartement, il passa plusieurs heures en cuisine. Malgré les apparences, il n’était pas mauvais du tout. A New York, c’était souvent lui qui cuisinait et, l’idée d’en faire un métier était venue à table plus d’une fois.

Quand Eva rentra, leur petite table était dressée, le plat principal attendait bien au chaud dans le four et, les entrées étaient déjà servies. En voyant son visage surprit, Tennessee rigola et expliqua :

« Je me suis dit que ça te ferait du bien d’avoir quelque chose fait maison quand tu reviens. Donc ce soir, salade niçoise en entrée, filet de bœuf aux herbes de Provence et coupe brésilienne en désert. J’espère que tu as faim »

Il avait évidemment aux lèvres son grand sourire, celui qui aurait fait rentrer n’importe quelle fille dans son restaurant.

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Eva R. Blake
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MessageSujet: Re: It's time to get to know each other || Tennessee   Mar 11 Juil - 11:34


It's time to get to know each other.
Ils n'échangèrent rien de plus, ce qui soulagea Eva. On ne pouvait pas dire qu'elle avait envie de pousser la causette de bon matin. Elle se détendit à son aise dans sa cuisine, pianotant sur son téléphone afin de s'occuper l'esprit. Le silence ne la gênait pas, ni le bruit de la télé. Au contraire, elle préférait toujours qu'il y ait du bruit dans la pièce. Lorsqu'elle cuisinait, elle choisissait toujours un film ou une chaîne de télé à mettre en bruit de fond. Une habitude qu'elle ne perdait pas. C'était plutôt ironique quand on y réfléchissait. Durant son adolescence, elle s'énervait des bruits incessants qui résonnaient dans la maison familiale. La jeune adolescente avait l'impression de n'être jamais tranquille. Cela devait faire partie des raisons pour lesquelles elle sortait si souvent. Un sourire naquit sur ses lèvres alors qu'elle repensait avec nostalgie à ses sorties entre amis. Toujours de bons moments. Ils n'avaient pas perdu contact (merci les réseaux sociaux). Elle se fit la réflexion qu'elle devrait réfléchir à organiser une sortie avec eux dans quelques temps.

Evangeline n'eut aucun mal à se distraire toute la matinée. Fort heureusement pour elle, celle-ci trouvait toujours quelque chose à faire. A ce propos, elle devait continuer sa vie d'adulte ennuyeuse. Elle mit plusieurs minutes à potasser ses dossiers dans l'espoir de retrouver les papiers qu'il lui fallait. Pour la millième fois, elle se fit la réflexion qu'elle devrait tâcher de mieux s'organiser. Pour la millième fois, cette résolution allait vite s'envoler. Comme toujours. Elle lâcha même un couinement satisfait en retrouvant le dernier papier. La jeune femme dut se presser afin de ne pas être en retard.

En sortant de son rendez-vous, elle dut se masser un côté du crâne. Une migraine la guettait. Il ne manquerait plus que ça. Un soupir d'exaspération franchit la barrière de ses lèvres alors qu'au même moment, une main se posa sur son épaule. Eva eut la surprise de découvrir une mine familière. Un ancien collègue de boulot, plus précisément, avec qui elle s'était toujours bien entendu. Le sourire aux lèvres, elle entama une conversation animée, ponctuée de légers éclats de rire. Cela lui fit énormément de bien. Elle avait oublié combien elle adorait son job à l'époque. Ils avaient passé de bons moments, que ce soit au travail ou en dehors. Les fous rires lui manquaient. Depuis quand n'avait-elle pas ri spontanément ? Ils prirent le temps de boire un café avant de se séparer. Evangeline avait tendance à oublier combien ses moments pouvaient être agréables. Elle se promit de sortir plus souvent à l'avenir. Cela faisait deux ans, après tout. Il était plus que temps pour elle de reprendre son ancienne vie. Du moins... une partie de son ancienne vie.

Ce n'est que quelques heures après sa sortie qu'elle daigna rentrer à l'appartement. Elle eut juste le temps de poser son sac à l'entrée avant que ses yeux ne tombent sur un spectacle des plus surprenants. Son regard fit l'aller retour entre le visage de Tennessee, debout dans la cuisine, et la table dressée. Il n'était pas rare qu'il prépare la table, cependant, une odeur agréable lui venait aux narines, ce qui ne pouvait signifier qu'une chose. Il avait fait à manger. Et pas un plat des plus rudimentaires, non, de la vraie cuisine comme Eva l'aimait. Timidement, elle avança dans la pièce et le regarda de nouveau. « Je me suis dit que ça te ferait du bien d’avoir quelque chose fait maison quand tu reviens. Donc ce soir, salade niçoise en entrée, filet de bœuf aux herbes de Provence et coupe brésilienne en désert. J’espère que tu as faim » Sur ces mots, il se mit à sourire. Un vrai beau sourire, le genre de sourire qu'elle aimait voir sur le visage de Tennessee tant ils se faisaient rares. Il eut le mérite de la toucher plus qu'elle ne l'aurait pensé. Non pour une raison romantique, seulement, elle aimait voir les gens sourire. Plus que tout, elle aimait voir un sourire sincère fleurir sur les lèvres de Tennessee. Autre point, il faisait un effort pour lui faire plaisir. Il n'aurait pas pu mieux tomber. Certes, elle aimait la cuisine, mais surtout : cela faisait un sacré bout de temps qu'on avait pas cuisiné pour elle. Ce simple geste suffit à l'émouvoir. Bientôt, le sourire de Tennessee gagna le visage d'Eva « Je meurs de faim, oui ». Ce qui était le  cas... approximativement... tous les jours, sans mentir. Néanmoins, elle disait davantage ça en réponse aux mots de Tennessee. Quoique, la jeune femme avait toujours eu les yeux plus gros que le ventre... Sans plus de cérémonie, elle s'installa et entama la conversation avec Tennessee. Ils parlèrent cuisine, surtout. Elle eut l'occasion de glisser un compliment sur ses cheveux (il était beaucoup mieux ainsi – c'était peu de le dire).

Eva était des plus heureuses de partager un moment plein de simplicité avec lui. D'autant plus qu'elle était sincèrement intéressée, elle ignorait qu'ils avaient un passe-temps en commun. Il se débrouillait plutôt bien. Elle appréciait les hommes doués de leurs mains - pour la cuisine, entre autre. La soirée passa plus vite que prévu – il réussit même à la faire rire. Elle ignorait le pourquoi du comment, mais elle rentrait dans la peau de l'ancienne Eva. La rigolote, la bavarde, la joyeuse. Seulement, la soirée prit une tournure des plus déroutantes. Eva sirotait son verre de vin pendant que Tennessee se levait pour aller chercher le dessert. Sans s'en rendre compte, son regard glissa sur une certaine partie de son anatomie qu'elle contempla sans gêne aucune. Quand elle s'en rendit compte, ses yeux s'écarquillèrent et elle s'étouffa presque. Dire qu'elle commençait à se dire qu'elle contrôlait la situation... Elle n'était vraiment pas bien. Qu'est-ce qui lui prenait de penser ainsi ? Certes, personne ne pouvait nier que Tennessee était bien fait de sa personne. Certainement pas Eva, mais... Devait-on préciser qu'il était plus jeune, gay et qu'elle devait s'occuper de lui pour le boulot ? Toutes ces raisons suffisaient à lui faire prendre conscience que ce n'était pas correct. Vraiment pas correct. Elle leva les yeux en entendant vaguement Tennessee lui parler. « Pardon, tu disais ? » Quelle idiote. Reprends-toi, bon sang. C'est Tennessee. Evangeline veilla à se faire la plus attentive possible face à Tennessee qui lui parlait. Ses yeux pétillaient quand il discutait d'un sujet qui le passionnait. Cela adoucissait son visage et le rendait moins antipathique. Tout compte fait, il avait l'air d'un gamin quand il se détendait. Le genre qui souriait tout le temps. Un sourire changeait vraiment tout – sa mère avait raison de le lui répéter. Celui de Tennessee était vraiment communicatif. Sans savoir comment, son regard se porta sur sa nuque. Il avait un grain de beauté sur le côté. Eva ne l'avait jamais remarqué. Brusquement, une image des plus obsènes lui envahit l'esprit et elle rougit. Oh non, non, non. C'est alors qu'Eva lui dit subitement :  « Tu n'as pas chaud ? ». Elle se gifla intérieurement de sa phrase dont elle saisissait le double sens qu'elle pouvait avoir – alors qu'elle ne posait pas la question dans ce sens là. Elle reposa son verre de verre sur la table et poursuivit : « C'est juste que tu me donnes chaud en sweat ». Le contraste était ridicule : elle, bras nus, et lui emmitouflé dans des couches de vêtement. Ils étaient au printemps, après tout. Il faisait bon. Non ? Ou se rendait-elle compte de rien parce qu'elle n'était pas frileuse ? Eva fit un geste vague de la main pour s'excuser « Oublies ça, j'ai tendance à oublier que tout le monde n'est pas comme moi ». C'est à dire, résistant aux températures. C'est à dire, loup. Bientôt elle allait lui dire qu'elle était surprise que les gens n'apprécient pas autant la viande crue qu'elle. Quelle gourde. Au lieu de ça, elle préféra manger sa coupe brésilienne. Voilà, c'était plus sage.

Pendant un moment, Evangeline crut bien avoir échapper aux pensées malhonnêtes. Ils s'étaient même remis à discuter pendant qu'Eva faisait la vaisselle. Elle avait insisté : après tout, il avait fait la cuisine, elle pouvait bien faire la vaisselle à son tour. Pour une fois, elle fut contente de ne pas avoir de lave-vaisselle. Cela lui permettait d'avoir les mains occupées sans que cela paraisse bizarre.   Elle était en train de rire lorsqu'elle leva le nez du lavabo. Elle put admirer le profil du visage de Tennessee, qui souriait. Beau. Il était vraiment beau. Ce constat lui retourna l'estomac. Son regard tomba mécaniquement sur ses lèvres. Elle s'imaginait l'embrasser, avec une précision étonnante. Qu'est-ce qu'elle ressentirait, alors ? Tennessee choisit ce moment pour tourner son visage vers elle et Eva crispa ses mains. Un bruit sourd résonna dans l'appartement et Eva lâcha un couinement mêlé de surprise et de douleur. Elle s'était coupée la main. Merde, « Merde » répéta-t-elle, prodigieusement agacée. Elle pouvait presque entendre la voix railleuse de Charlotte se moquer d'elle et de sa stupidité. Eva s'empressa d'enlever sa main de la vue de Tennessee – il ne devait surtout pas voir sa miraculeuse guérison « Je suis officiellement la reine des maladroites. Je reviens » s'excusa-t-elle avant de filer à la salle de bain. Elle fit le nécessaire avant de coller un pansement dessus. Cela ne servait à rien – hormis agir avec un semblant de normalité. Les humains mettaient des pansements sur les blessures. Peu importe que la sienne disparaisse en peu de temps, Tennessee ne devait pas le savoir. Comme prévu, elle ne tarda pas à maudire cette saison. Toujours des problèmes. Ses hormones allaient lui court-circuiter le cerveau si ça continuait.

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MessageSujet: Re: It's time to get to know each other || Tennessee   Mer 12 Juil - 21:50


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« The needle tears a hold
The old familiar sting
Try to kill it all away
But I remember everything
»

Ce repas surprise était la preuve que Tennessee pouvait se comporter autrement que comme un camé allergique à toute forme d’interaction sociale. Bien sûr, il restait un camé. Cuisiner un soir n’avait jamais été le remède miracle aux problèmes d’addiction. Néanmoins, c’était le signe que le jeune homme était capable de s’intéresser à autre chose qu’à l’aiguille dans son bras. Lorsqu’Eva lui annonça qu’elle mourrait de faim, il rigola. Depuis qu’il la connaissait, pas une seule fois elle avait dit non à la nourriture. Les placards en débordaient et la poubelle regorgeait de cartons de pizzas. Heureusement pour elle, sa colocataire pouvait faire une overdose de junkfood sans prendre un gramme de graisse (sale pute va). Tennessee, à l’inverse, ne mangeait pas beaucoup. En fait, son gabarit pouvait même être qualifié de maigre de plus, comme il n’était pas très grand et se perdait dans des suites trop larges, le look d’ado lui allait très bien. Point positif que l’héroïne n’avait pas encore attaqué, ses épaules larges héritées des années de sport de son adolescence.

Lorsqu’ils commencèrent leur repas, il se félicita mentale, satisfait de ne pas avoir tout oublié. Eva semblait aussi contente du repas. C’était un minimum quand on savait qu’il avait été entièrement financé par son argent. Vers la fin du repas, il se dirigea vers le frigo pour ramener le dessert. C’était le clou du spectacle, une coupe de glace à la vanille avec des amandes, du caramel et d’autres petits délices sucrés qui croquaient entre les dents. Le genre de désert qui augmentait le risque de diabète de 100% chez celui qui le mangeais. Néanmoins, il mangeait ce genre de feu d’artifice sucré tellement rarement que son corps ne pouvait que l’en remercier.

Par contre, une fois sa coupe vide, il ne put s’empêcher de se demander s’il n’avait pas foiré la recette. Non pas que la glace ne soit pas bonne mais, Eva semblait tellement nerveuse qu’on aurait dit qu’elle faisait une mauvaise réaction à une substance illicite. De son côté, il avait bien fumé un peu d’héro l’après-midi en cuisinant mais, ça n’avait pas pu s’imprégner dans la glace. Si ? Et puis, de toute façon, son attitude ne collait pas avec la célèbre substance poudreuse. D’ailleurs, il se sentait observé. Peut-être qu’il délirait tout simplement, la légendaire parano des toxicos.

« C'est juste que tu me donnes chaud en sweat »

Là il bogua sur la phrase et répondit, pour détendre l’atmosphère :

« Si tu veux je l’enlève »

Il ne savait pas trop s’il devait y voir un sous-entendu. L’enquête méritait d’être menée. Alors qu’il s’allongea sur le canapé comme à son habitude, il entendit un cri et passa la tête par-dessus le dossier pour voir de quoi il s’agissait. Visiblement, Eva s’était blessée en faisant la vaisselle.

« Je suis officiellement la reine des maladroites. Je reviens »

Elle partit s’enfermer dans la salle de bain et, Tennessee se releva de son canapé avec un grognement pour aller voir dans l’évier les débris. Il y avait un peu de sang mais, ce n’était pas une hémorragie non plus. Il se rendit serviable en jetant les morceaux en faisant bien attention à ne pas se couper lui-aussi. Pour finir sa journée sur un bon geste le camé de service s’occupa de finir la vaisselle avant de retourner s’allonger de tout son long sur son canapé préféré. Eva sorti de la salle de bain quelques secondes après et il ne put s’empêcher de lui lancer en rigolant :

« Alors la grande blessée de guerre ça va ? Un verre à vin a eu raison de toi ? »

La raillerie était volontaire mais pas méchante, juste de quoi la titiller un peu. Sans savoir pourquoi, il se sentit obligé de rajouter :

« Fais gaffe, des vampires rodent dans le coin »

C’était un souvenir qui lui était revenu à l’esprit. De l’époque où il vivait avec Enzo. Tennessee s’était coupé en cuisine et son ex-petit ami lui avait sorti cette phrase-là avec un sourire en coin. Evidemment, ce n’était pas le genre de souvenir qui le mettait particulièrement en joie, la douleur étant toujours présente. Quand il en prit conscience, un brin de tristesse vint éteindre l’étincelle formée dans son regard quelques heures plus tôt.


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MessageSujet: Re: It's time to get to know each other || Tennessee   Mer 12 Juil - 22:45


It's time to get to know each other.
Une fois enfermée dans sa salle de bain, elle sautilla comme une enfant. Non de joie, mais de gêne. Débile, débile, débile, se répétait-elle en boucle. Eva se hâta de passer sa main sous l'eau avant de s'humidifier le visage également. Finalement, elle se regarda dans la glace. « Reprends-toi » souffla-t-elle à son reflet. Il n'est pas beau. Si, mais non. Tu ne dois pas le regarder plus que nécessaire. Tu as eu ce que tu voulais cette nuit, alors pourquoi voir Tennessee différemment ? C'était ridicule. Eva comptait bien avoir sa dose en se débrouillant de son côté, comme elle l'avait toujours fait. Elle espérait que cela suffirait à lui enlever ces pensées stupides de son esprit. Après le fiasco pathétique de son mariage, il ne manquerait plus qu'elle tombe amoureuse de son colocataire/enfant à garder gay. Si cela se produisait, elle atteindrait un nouveau seuil de l'échelle du pathétique. Peut-être obtiendrait-elle une médaille ? Eva avait toujours aimé les médailles. Il suffisait de jeter un œil sur le meuble dans l'entrée.

Elle inspira et expira, tout en continuant de s'observer. Comme si elle défiait son reflet maléfique. Eva ferma les yeux. Tu vas retourner dans ce salon et tu vas te comporter normalement. Sans bizarrerie. Ses yeux s'ouvrirent sur son visage calme. Sa blessure avait déjà cicatrisé. Pour la forme, elle appliqua un pansement dessus. Cela faisait bien partie des aspects de la vie humaine qui l'agaçaient le plus. Les pansements ne restaient jamais et prenaient vite une forme peu reluisante. Elle était obligée d'en mettre dans ce genre de situation. Alors que ça ne servait à rien. Tout simplement pour cacher ce qu'elle était. S'il devait bien avoir un désavantage de la colocation, c'était bien celui-ci. Après tout, la jeune femme faisait bonne figure tout le reste du temps à l'extérieur. Arrivée chez elle, elle se plaisait à agir normalement – du moins, ce qu'elle entendait par-là.

Quand elle sortit, elle se dirigea instantanément vers l'évier pour réparer sa maladresse. Tennessee, confortablement posé sur le canapé, lui lança : « Alors la grande blessée de guerre ça va ? Un verre à vin a eu raison de toi ? ». Eva lui jeta un bref coup d'oeil avant de sourire : « Ne t'inquiètes pas, je supporte la douleur courageusement ». Tennessee devinait sans peine l'ironie. Seulement, il ignorait à quel point … Avec son passé sportif et professionnel, elle avait subi des blessures plus graves et avec les avantages que lui avaient prêtée la nature, elle se rétablissait plutôt bien. Une coupure à la main ne signifiait rien, en comparaison. Elle fronça les sourcils en découvrant que Tennessee s'en était déjà occupé. Il pouvait vraiment se montrer adorable, quand il le souhaitait. Elle s'apprêtait à le remercier lorsqu'il la prit de cours : « Fais gaffe, des vampires rodent dans le coin ». Eva fut tellement choquée qu'elle releva brusquement la tête pour le dévisager. Elle eut le temps de capter son regard soudainement triste. Avait-elle rêvé ? Non. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Se pourrait-il … ? Non. Le monde avait beau être petit, la coincidence serait trop forte. La jeune femme rangea ce qu'il y avait à ranger mais c'était peine perdue : elle ne faisait qu'y penser. Ce n'était pas une parole désinvolte. Qui parlerait ainsi s'il n'était pas au courant ? Personne. L'étendue de ce que cela impliquait l'obligea à s'adosser contre le plan de travail. Eva dévisageait le canapé comme s'il s'agissait de Tennessee lui-même. Il savait. Il savait ? Non, elle ne pouvait pas poser la question.

« Tennessee ? » Eva se trouvait assis à côté de Tennessee, sur le canapé, et le fixait d'un air anormalement calme. «Pourquoi tu as parlé de vampires, soudainement ?» demanda-t-elle sans chercher la subtilité. Eva n'était pas du genre à tourner autour du pot. De plus, si quelque chose la tracassait, elle ne pouvait s'empêcher d'en parler. Eva ne pouvait pas en dire plus ; s'il ne savait rien, elle risquait de se mettre dans une position compromettante.

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MessageSujet: Re: It's time to get to know each other || Tennessee   Jeu 13 Juil - 17:31


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Tennessee n’aimait pas quand des souvenirs de cette période remontaient à la surface de cette manière. En fait, aucun souvenir ne lui était agréable même lorsqu’ils étaient heureux, cadavres inanimés d’une période oubliée. Lorsqu’ils étaient tristes, c’était presque moins douloureux. Que ce soit l’époque où il vivait avec sa famille à New York ou avec Enzo, il ne voulait plus en entendre parler, enviant presque les amnésiques. Au final, aucune projection ne lui plaisait. Ni dans son futur inexistant, ni dans son passé perturbé. Le seul moment qui comptait était le présent. Définitivement.

« Tennessee ? »

Eva était de retour à côté de lui sur le canapé. Elle semblait perturbée et, ce n’était sans doute pas par ce qui se cachait derrière le pansement Hello Kitty. Était-ce à cause de sa remarque stupide ? Son air était celui d’un inspecteur de police. Pourquoi tirer une tête pareille pour une bêtise du genre ?

« Pourquoi tu as parlé de vampires, soudainement ?»

Quelle réponse attendait-elle ? « Oh c’est juste que cette situation presque burlesque m’a faite penser à une autre très semblable datant de l’époque où j’étais avec mon ancien copain. Tu sais, le vampire, là ». D’ailleurs, poser une question sur une banalité du genre était tout aussi suspicieux. Lorsqu’on connaissait l’existence des surnaturels ou qu’on faisait partie de leur monde, la question qui revenait le plus souvent était « est-ce que cette personne sait ? ». Sauf pour Tennessee. Il s’en fichait. Si Eva était au courant, tant mieux pour elle. Si elle était l’un des leurs, tant mieux aussi. De toute façon, si elle avait eu la moindre mauvaise intention, ça ferait déjà longtemps qu’il squatterait l’enfer des toxicomanes. Il tourna la tête vers elle pour lui répondre :

« Bah, parce qu’il y en a ici, dans le quartier même. L’endroit où tu les vois le plus c’est … hum je ne sais pas si je peux te le dire … au cinéma ! Ouais ils diffusent underworld 5. Sinon tu peux en trouver dans les bibliothèques au rayon pour ado »

Le sarcasme était palpable. Après tout, que pouvait-il lui répondre d’autre ? Rien de bien intelligent. Même s’il en voulait profondément à Enzo, Tennessee n’était pas assez stupide pour révéler l’existence des buveurs de sang et, par-là même, s’attirer la colère de toute une race pas spécialement connue pour être particulièrement pacifique ou tolérante. Il reposa sa tête sur le tissu du canapé et ferma les yeux.

« Et toi, pourquoi tu poses des questions débiles ? L’humour tu connais pas ? »

C’était sincère. Si elle n’était pas au courant, c’était idiot de s’attarder sur un tel détail. Si elle l’était, il ne comptait pas en parler. Après tout, les problèmes, il en avait déjà suffisamment sans encore aller se mêler avec plus forts que lui.
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MessageSujet: Re: It's time to get to know each other || Tennessee   Jeu 13 Juil - 18:36


It's time to get to know each other.
Il s'agissait probablement d'une très, très, très mauvaise idée, mais ça n'avait aucune importance. Il fallait qu'elle pose la question. Elle ne pouvait pas faire autrement. Elle se connaissait suffisamment pour le savoir. Quitte à passer pour une tarée. A ce stade, ce qu'il pensait d'elle n'avait pas grande importance. « Bah, parce qu’il y en a ici, dans le quartier même. L’endroit où tu les vois le plus c’est … hum je ne sais pas si je peux te le dire … au cinéma ! Ouais ils diffusent underworld 5. Sinon tu peux en trouver dans les bibliothèques au rayon pour ado » Elle faillit lever les yeux au ciel mais se retint au dernier moment. Il était inutile de souligner combien ces représentations dans les médias l'amusaient au plus haut point. Eva était tout à fait ce genre de personne sans scrupule qui allait voir ou lire ce genre de production et s'en moquer. Cela avait le mérite de la faire beaucoup rire. Que d'imagination et de ridicule. Ce qui pourrait éventuellement l'exaspérer serait la surestimation des vampires face aux loups. Mais là encore, elle s'en amusait : elle trouvait ça comique tant cela lui semblait invraisemblable. Ce qui l'agaçait dans la situation présente, c'était de détourner le sujet. Lorsqu'elle avait une idée en tête, il était difficile de lui faire changer d'idée. Eva ne pouvait en avoir la confirmation, mais elle était certaine qu'elle ne se trompait pas. Il savait. Elle ignorait le pourquoi du comment, mais c'était le cas.

Elle tâcha de réprimer son exaspération. Il était normal qu'il lui réponde ainsi. Qui lui répondrait honnêtement ? Elle essaya de se raisonner mais cela l'agaçait toujours. Eva n'aimait pas stagner dans une incompréhension ou un quiproquo : elle voulait en avoir le cœur net. Visiblement, elle n'obtiendrait pas satisfaction – Tennessee ne semblait pas franchement coopératif. D'ailleurs, il reposa la tête sur le dossier et ferma les yeux. « Et toi, pourquoi tu poses des questions débiles ? L’humour tu connais pas ? » Autant Eva avait le sens de l'humour, autant dans ces moments-là elle en était hermétiquement insensible. Cela ne signifiait pas qu'elle le prenait mal – heureusement pour elle. « Ouais, oublie ce que j'ai dis » Elle se leva et s'éloigna sans ajouter quoique ce soit. Décidément, il y avait pas mal de choses qu'elle souhaitait qu'il oublie de cette soirée... Pitié, dîtes-moi qu'il n'a rien remarqué. Il n'y avait pas de mot suffisamment adéquat pour décrire combien la situation deviendrait embarrassante. Eva s'arrêta juste à temps avant de retourner dans la salle de bain. Elle revint un peu sur ses pas pour lui lancer : « Merci pour la vaisselle et pour le repas » Elle hésita avant d'ajouter quelque chose d'autre : « Ca fait un moment qu'on a pas eu un geste de ce genre pour moi. Alors... merci ». Eva ne s'attarda pas et alla s'enfermer dans la salle de bain histoire de prendre une douche. La jeune femme n'avait jamais été du genre pudique, que ce soit physiquement ou au niveau de ses sentiments. Si elle ressentait l'envie de dire quelque chose sur l'instant, elle le disait, tout simplement. Sans s'embarrasser d'une quelconque gêne ou timidité. Elle n'attendait rien de Tennessee : mais elle avait voulu lui faire comprendre que son geste l'avait sincèrement touchée. Même si ça pouvait lui paraître risible. Peu importe qu'il s'en moquât, d'ailleurs : elle n'en éprouvait aucune honte. Elle ne complexait pas particulièrement sur sa situation.

Pour preuve, aussitôt dit, elle oublia ce qu'elle venait de lui dire. Au lieu de ça, ses pensées se firent traîtresses sur un tout autre sujet. Sous le jet de douche, les mains dans ses cheveux, elle pensait à tout et à rien à la fois. Un bout d'une conversation lui faisait penser à un film, dans lequel un acteur qu'elle appréciait beaucoup jouait, ce qui amenait naturellement à une réflexion, du type « Que ferais-je si je me retrouvais face à lui ? ». Son imagination fit son travail. Hélas, le fantasme prit une tournure des plus déroutantes dans laquelle son colocataire jouait le rôle principal. Cela eut l'effet attendu : l'élan coupé, elle rouvrit les yeux et jura. Non, je veux Ben, pas Tennessee. Elle s'efforça de penser à autre chose... en vain. Elle eut un geste d'exaspération. Eva se répéta toutes les raisons pour lesquelles c'était une mauvaise idée : Ajoutons à cela qu'il est trop maigre, drogué... Un soupir lui échappa. Tu as vraiment de drôles de goûts, Eva.

Enroulée autour d'une serviette, elle sortir de la salle de bain pour se diriger dans sa chambre. Tennessee se trouvait dos à elle, il ne voyait rien. Dans le cas contraire, cela n'aurait pas gêné Eva non plus. Elle en était au point où, une fois arrivée à sa destination, elle prit même pas la peine de fermer complètement la porte. Une culotte et un tee-shirt plus tard, elle se faufila dans les couvertures et alluma son ordinateur. La soirée fila tranquillement. Eva se força à se coucher mais ne parvint pas à trouver le sommeil. Au bout d'une heure de tergiversions, elle daigna enfin sortir du lit et se rendre au salon, son plaid dans les bras. Naïvement, elle pensait qu'elle aurait le champ libre : c'était ignorer la présence de Tennessee qui somnolait sur le canapé, la télé toujours allumée. Eva se rapprocha de son visage pour se rendre à l'évidence, le jeune homme dormait bien. Un sourire éclaira son visage : elle appréciait vraiment son expression au repos, il redevenait le jeune adulte à la bouille enfantine qu'il était censé être. Après hésitation, elle lui mit une couverture sur les jambes - à son grand soulagement, il ne se réveilla pas. Finalement, elle finit par trouver une place au bout du canapé, les jambes pliées, son plaid sur les genoux. Elle s'empara de deux coussins afin de rendre sa position plus confortable. C'est ainsi que les minutes s'écoulèrent jusqu'à ce que Eva trouve le sommeil à son tour.

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I can't tell you what it really is I can only tell you what it feels like And right now there's a steel knife in my windpipe I can't breathe but I still fight As long as the wrong feels right honey
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