Divine Comédie


 
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  Back to real world || Tennessee (terminé)

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Eva R. Blake
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J'ai : 28 ans et je suis : divorcée. . Mon avatar est : Katheryn Winnick. . :

et j'ai posté : 45 messages depuis que j'ai rejoint le forum le : 01/11/2016 Je n'oublie pas de remercier : balaclava pour mon profil et j'ai : 399 points. Dernier petit détail, je joue également : personne. Inventaire : : Télékinésie

MessageSujet: Back to real world || Tennessee (terminé)   Dim 13 Nov - 15:14


back to real world.
Les bras croisés, droite comme un i, Eva trépignait d'impatience. Cela faisait plusieurs minutes déjà qu'elle s'impatientait devant l'entrée de la prison. Pourtant, elle avait tout le temps qu'elle voulait. Cela faisait deux ans qu'elle collectionnait les petits boulots pour s'en sortir. Elle n'avait jamais trouvé la foi de revenir dans les forces de l'ordre, si bien qu'elle s'était débrouillée comme elle le pouvait. Au début, elle avait continué d'exercer des métiers de ce type. Elle avait même accepté d'être garde du corps, se fichant complètement des conséquences potentielles. Une fois sérieusement blessée, elle avait regardé la vérité en face. De ce fait, la jeune femme avait revu son comportement et avait démissionné pour prendre des boulots nettement plus normaux et moins à risques. Ce qui devenait de suite beaucoup plus pénible. En effet, Eva connaissait du monde qui pouvaient lui trouver quelques trucs dans le domaine dans lequel elle excellait. Une fois en dehors de ce milieu, c'était tout autre chose. Toutefois elle avait bien dû s'en accomoder si elle souhaitait garder un toit au-dessus de sa tête. D'autant plus qu'elle ne tenait pas le moins du monde à revoir sa famille, raison de plus pour s'efforcer de garder son indépendance. Peut-être plus tard mais pas maintenant. Elle ne se sentait pas prête, même pas après deux ans.

Aujourd'hui, elle assumait le rôle de baby-sitter, chose qu'elle n'avait pas fait depuis le lycée. La différence ici était de taille : Cela ne consistait pas à s'occuper d'un gosse hyperactif, mais d'un héroïnomane un peu plus jeune qu'elle. C'était plutôt ironique. Auparavant, elle s'occupait de les arrêter, désormais elle avait la charge de s'occuper de l'un d'entre eux – surtout en ne l'obligeant pas à suivre une désintoxication de force. Non, il devait juste limiter ses doses et elle devait le surveiller pendant ces moments-là afin qu'il n'y ait aucun risques. Pour le moment il était nécessaire qu'elle reste avec lui toute la journée. Pour une hyperactive comme elle, ça allait être compliqué. Mais il ne fallait pas jouer la fine bouche quand ça concernait l'argent. Eva en avait besoin, si bien qu'elle mettait son mal en patience. Qui plus est, il ne s'agissait pas d'un sale gosse ni d'un crétin comme elle aurait pu le croire. Il n'était pas méchant, il semblait juste perdu, seul. C'est pourquoi elle avait essayé de se montrer le plus présente possible, malgré les trajets que cela occasionnait. Elle était venue le voir toutes les semaines à la prison afin d'instaurer une relation cordiale entre eux après qu'il ait accepté sa proposition. Ils n'étaient pas les meilleurs amis du monde, mais après avoir discuté au moins une fois par semaine pendant cinq mois, et un peu au téléphone, ils se connaissaient un peu mieux. Histoire que ce ne soit pas trop bizarre ni trop embarrassant de vivre ensemble et en étant contraint de rester ensemble quelques heures.

Eva n'avait pas pu rester dans sa voiture, elle devait l'attendre juste à la sortie, sa voiture étant garée un peu plus loin. Douée comme elle était, elle avait oublié ses gants. Ses mains étaient gelées. Toutes les quarante-cinq secondes au moins, elle les réunissait et soufflait dessus. Ce n'était pas tant à cause du froid, mais également pour faire quelque chose de ses mains. Elle devait bouger. Rester immobile lui était impossible. C'est pourquoi, elle faisait un peu les cent pas. C'était une mauvaise chose, cela l'obligeait à penser. Eva faisait de son mieux pour ne pas penser à la date de cette journée. Elle réfléchissait à la manière dont elle allait se comporter, ce qu'elle pourrait dire. Elle toucha son bonnet avec sa main, qui consistait plus à un tic qu'à un geste pour le remettre en place. En toute honnêteté, elle devait bien détenir une bonne collection de bonnets. Elle les adorait et n'omettait jamais d'en mettre lorsque l'automne ou l'hiver arrivait. Aujourd'hui ne faisait pas exception. Finalement, un bruit de pas l'alerta de l'arrivée de Tennessee, bien avant que lui ne l’aperçoive. L'avantage des gênes lycanthropes. Ainsi, elle s'arrêta de bouger et croisa les bras, calant ses mains du mieux qu'elle le pouvait. Eva l'avait déjà vu maintes fois, mais jamais sans son uniforme de prisonnier. Cela changeait radicalement. Il portait juste un sac, cela lui semblait bien mince mais guère étonnant. On ne pouvait pas emmener l'équivalent d'une chambre en prison. Il avait vécu dans la rue qui plus est, Tennessee ne devait plus détenir grand chose. Eva esquissa un sourire en le voyant arriver à sa hauteur « Salut. Viens, ma voiture n'est pas loin » se contenta-t-elle de dire. Elle marcha à ses côtés jusqu'au bolide, sans un mot. Eva ne jacassait jamais, encore moins lorsqu'il faisait froid. Surtout pas avec des presques-inconnus-mais-pas-trop. Arrivés à sa voiture, elle ouvrit le coffre et Tennessee put poser son sac. Cela fait, elle referma le coffre et s'installa du côté conducteur. Son premier geste fut de mettre le chauffage. Il fallait juste attendre un peu. Dans la continuité, elle alluma le moteur et fit les manœuvres nécessaires pour sortir du parking et accessoirement de la prison. « On a bien plus d'une heure et demi devant nous avant de rentrer. Un burger sur le chemin t'irait ? Ou tu préférerais autre chose ? » lâcha-t-elle en le regardant une seconde avant de se concentrer de nouveau sur la route. Elle pouvait bien lui payer une première « bonne bouffe », comme on disait, pour fêter sa sortie de prison. Mais elle ignorait ce qu'il préférait pour aujourd'hui. Après tout, c'était sa journée et ils allaient manger avec l'argent de ses parents, donc...



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Dernière édition par Eva R. Blake le Sam 28 Jan - 19:36, édité 1 fois
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Tennessee Williams
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MessageSujet: Re: Back to real world || Tennessee (terminé)   Sam 19 Nov - 22:48


Back to the real world

- Eva — Ten -


The worst things in life come free to us 'Cause we're just under the upper hand And go mad for a couple grams

La vie pouvait se voir comme un film en couleurs mais, certains moments étaient, malheureusement, en noir et blanc, une suite de scènes qui n’avaient pas la politesse de se faire muettes, des scènes bruyantes dépeintes d’un gris sale comme évidé, des scènes sans profondeur, sans relief, mornes dont la vie ne voulait même pas être spectatrice. Ces instants douloureux semblaient infinis un peu comme si une main cruelle avait arraché toutes les aiguilles des horloges pour en faire des barreaux et coupé toutes les cordes des pianos pour en faire des collets auxquels pendaient de vagues espoirs déteints n’ayant plus forme humaine. Les acteurs de ces scènes maudites récitaient leurs lignes apprises par cœur et suivaient gentiment les mouvements initiés par leurs liens déambulant entre les murs. Tennessee ne se sentait pas bien différent, subissant l’inlassable routine des jours qui se suivaient sans qu’une tâche de couleur ne vienne salir son triste tableau. Puisque le temps ne passait pas et qu’il connaissait par cœur les lignes des autres acteurs, il s’allongeait sur le sol et fixait le vide pour réfléchir pendant des heures. Les idées s’enchaînaient, toujours les mêmes, rarement différentes, jamais innovatrices. Le manque semblait l’avoir vidé de toute vie. Son sourire avait disparu et son regard, souvent dirigé vers le sol, n’était pas bien différent de celui de ce chiot abandonné sur une aire d’autoroute, attaché à un arbre. Plus les jours passaient, plus il comprenait qu’il allait crever lentement sur cette aire d’autoroute en regardant ceux qu’il aimait continuer leur chemin sans se retourner.

Bien que le temps ne semblât jamais vouloir passer, il avait resserré son emprise sur celui qui pensait que le rire l’éloignerait du cimetière. Désormais, l’enfance était qu’il n’avait jamais voulue quitter loin derrière lui, dans des souvenirs qu’il ne voulait même plus aller regarder. Même physiquement, Tennessee semblait avoir pris plusieurs années comme si son corps était le seul à vouloir l’aider à en finir. Mais c’était surtout mentalement qu’il avait vieillit. Son innocence se faisait bouffer par les vers sous terre. Il était devenu aigri, froid, désabusé, sceptique, blasé. Le faire sourire était mission impossible. La solitude avait eu sur lui le même effet que l’héroïne. Elle l’avait décomposé jusqu’à devenir la seule chose qu’il pouvait souhaiter. Ces gens autour de lui ne l’intéressaient pas. A vrai dire, il les détestait tous, sans réelle exception, sans chercher à nuancer son ressentiment. Alors que les premiers temps ses yeux étaient rouges et sa voix brisée, aucun sourire réconfortant ne lui arriva, juste d’autres blessures physiques et morales. Depuis, Tennessee ne pleurait plus, ayant bien compris que ça ne lui apporterait rien de plus que de la souffrance supplémentaire. Ce contact social dont il avait toujours eu besoin le dégoûtait désormais. Cette répulsion qui se muait doucement en haine s’étendait bien au-delà des murs de la prison, touchant ses parents qui refusaient de venir le voir et Enzo qui lui avait brisé le cœur.

L’avenir, il n’y croyait pas non plus. Lorsqu’il pensait à sa sortie, l’héroïne lui apparaissait immédiatement bien qu’il était sevré. Il se voyait quitter ce bâtiment, marcher le long d’une route jusqu’à la ville et retrouver ses vieilles habitudes de camé, un squat pas trop froid, de la drogue pas trop chère, c’était tout ce qu’il espérait, n’imaginant rien d’autre que la rue. Puis, cette fille apparut expliquant qu’elle venait de la part de ses parents. Un contrat les liait et elle avait cette mission étrange de prendre soin de lui à sa sortie. Tennessee n’y croyait absolument pas et pensait toujours se trouver de nouveau à la rue avant un retour plus que prévisible en prison, pour une durée bien plus longue sans doute.

La nuit avant sa sortie, il n’était pas fébrile, il n’eut aucune difficulté à s’endormir et n’y pensa que quelques instants. Ce n’était pas vraiment un moment exceptionnel puisqu’il se savait condamné à y revenir d’une façon ou d’une autre. Quand une gardienne l’appela pendant le diner, il prit soin de le terminer ignorant quand est-ce qu’il aurait de nouveau un repas consistant. Il n’écouta pas son baratin juridique ni ses ajouts personnels, s’en fichant totalement. Alors qu’il remettait les vêtements qu’il avait quitté en arrivant, un tee-shirt, un sweat-shirt noir assez épais et un jeans déchiré par l’usure et non par la mode, son regard se posa sur un objet brillant. C’était un bracelet en argent, celui qu’Enzo lui avait offert. Il le fourra dans sa poche et, une fois dehors, la porte refermée derrière lui, il le jeta dans la grille d’égout. Le froid le mordit immédiatement et il se demanda si, au final, il ne ferait pas mieux de rester dans cet endroit.

Il soupira et fourra ses mains dans les poches de son sweat-shirt avant de commencer à marcher vers le portail et les barbelés qui délimitaient la propriété de ceux qui n’avaient plus leur place dans le reste du monde. En levant les yeux, il remarqua une silhouette féminine près du portail. Rapidement, il se rendit compte que c’était Eva, la jeune femme qui était venu le voir en prison. Il fut assez surpris de la voir l’attendre à la sortie. Oh ce n’était pas qu’elle avait décidé de lui faire la surprise, simplement que Tennessee était persuadé qu’elle ne viendrait jamais pour éviter d’ajouter une déception à sa liste. Sa future gardienne était emmitouflée dans un manteau, sa chevelure cachée sous un bonnet. Lorsqu’il arriva à sa hauteur, il eut droit un sourire.

« Salut. Viens, ma voiture n'est pas loin »

Il ne se fit pas prier et la suivit docilement, se demandant bien ce que cette histoire allait donner. Il était prêt à parier qu’elle aussi allait se lasser de lui et que ce n’était pas la dernière fois qu’il passait ce portail. Le chemin jusqu’à sa voiture fut silencieux, ni lui ni elle n’avait vraiment envie de parler. Il déposa son maigre sac dans le coffre et s’assit à la place passager ne sachant pas trop quoi dire ni quoi penser. Lorsqu’elle le rejoignit elle démarra le chauffage et commença à sortir du parking.

« On a bien plus d'une heure et demi devant nous avant de rentrer. Un burger sur le chemin t'irait ? Ou tu préférerais autre chose ? »

A l’idée du burger, il saliva. La nourriture de la prison n’allait pas lui manquer, cela faisait des mois qu’il n’avait pas eu un véritable repas. Il hocha la tête et répondit :

« Un burger ça sera très bien … En fait ce matin encore je m’imaginais marcher sur le bord de cette route », confia-t-il avant de rediriger son regard vers la route qui défilait, toujours étonné d’être assis au chaud à bord d’une voiture.

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Eva R. Blake
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MessageSujet: Re: Back to real world || Tennessee (terminé)   Mar 6 Déc - 20:10


back to real world.
Si jamais ses pas devaient la mener sur le même chemin que ses amis du lycée ou ses camarades de fac, Eva s'avérait presque certaine qu'ils ne la reconnaîtraient pas. Physiquement, elle n'avait guère changé ; sa chevelure restait toujours dorée et à même longueur, elle gardait cette silhouette sportive dont elle était si fière, ses yeux demeuraient d'un bleu azur de sorte qu'ils ressortaient à merveille sur les photographies, ce qui avait occasionné quelques remarques de la part de son entourage. Même si elle avait grandi et ressemblait à une jeune femme et non plus à une adolescence, on ne pouvait pas prétendre qu'Eva avait changé au point de ne pas la reconnaître si on la croisait dans la rue. Comme on disait communément, les pires blessures n'apparaissaient pas à la surface.

Eva était loin d'entreprendre des rêves insensés ou de souhaiter des choses inaccessibles. Du plus loin qu'elle se souvienne, elle avait toujours voulu des choses simples : quelqu'un qu'elle aimait et qui l'aimait, des enfants, une clôture blanche, un chien ou deux, un travail épanouissant et des amis sur qui compter. En soi, cela ne constituait pas une folie, un rêve irréaliste. Elle n'aspirait qu'à une vie simple, stéréotypée, mais qui lui convenait tout à fait. Pendant un temps, longtemps même, elle y avait cru. Elle était réellement convaincue d'avoir droit à ce bonheur-là, qu'elle réussirait à l'obtenir. A seize ans, elle avait rencontré son premier petit copain avec lequel elle s'est engagée des années plus tard. Malgré leur passage à la vie adulte, ils étaient restés ensemble, complices, amoureux. Ils parlaient d'avenir, de projets. Eva pouvait dire alors qu'elle était la femme la plus heureuse du monde. Elle avait trouvé un travail dans lequel elle s'épanouissait et l'homme de sa vie. Seule ombre à ce tableau, sa famille, qui certes souhaitait son bonheur, mais qui avait du mal à comprendre l'éloignement qui s'était fait lorsqu'Eva avait habité avec Jared. Très proche de sa famille, ayant vécu toute sa vie entourée, Eva avait eu beaucoup de mal à supporter cette séparation. C'est pourquoi elle envoyait toujours des messages, prenait des nouvelles, appelait toujours des membres de sa famille, plus particulièrement ses parents, sa sœur et son frère. Toutefois, elle essayait de se fondre dans le monde des humains, de fonder une vie parmi eux. Les problèmes avaient commencé à pointer lorsqu'ils débutèrent les essais pour devenir parents. Il avait fallu des mois d'attente et trois fausses couches pour qu'Eva parvienne à tomber enceinte. Ces obstacles à la réalisation de leur bonheur ne s'étaient pas révélé évidemment à surmonter, Eva en avait souffert tout comme lui, si ce n'est davantage. Toutefois, ils avaient surmonté ça – du moins, c'était ce qu'elle croyait. Il s'était montré adorable avec elle durant sa grossesse, néanmoins, il avait exigé d'elle d'arrêter de travailler en raison de la dangerosité occasionnée par l'exercice de son métier. Passionnée par ce dernier, Eva ne souhaitait pas s'y résoudre ; ce qui entraîna quelques tensions qui débouchèrent sur un accord : Eva ne travaillerait pas durant les toutes premières années de la vie de leur enfant pour s'en occuper et le reprendre après. Ce jour n'était jamais arrivé. Cela s'explique par la maladie de leur fille. Cette annonce avait fait l'effet d'un château de cartes qui s'écroule, d'un cœur qui se brise. Il n'était plus question de travailler ; Eva elle-même n'y pensait plus, toutes ses pensées étaient tournées vers son unique enfant, qu'elle chérissait plus que tout au monde. Ceci était accentué par l'idée qui commençait à s’immiscer dans l'esprit du couple, celle de ne pas avoir d'enfant hormis celle qu'ils avaient en raison des difficultés que rencontrait Eva. C'est pourquoi, au fond d'elle, Eva avait fait une croix sur son désir d'avoir plusieurs enfants, même si cela lui causait une peine certaine. Ainsi, elle ne pouvait se permettre de penser qu'elle perdrait sa fille, son trésor. Depuis, Eva n'avait cessé de s'occuper d'elle, de s'inquiéter et de lui apporter tout l'amour qu'elle méritait, même si elle le faisait déjà – cela s'est renforcé. Son mari devait continuer de travailler afin d'apporter l'argent qui leur était devenu nécessaire suite aux traitements que devait prendre leur fille. Cependant, malgré tous les efforts et tout l'argent du monde, le pire se produisit. La vie d'Evangeline s'écroula brutalement, au point d'infliger une blessure qui ne cicatriserait jamais. C'est dans cette période de dépression, de colère, de tristesse, de rejet, qu'elle apprit la trahison de son mari. Refusant tout d'abord de le croire, elle eut la preuve sous les yeux. L'ampleur de la trahison, de la douleur, s'était montré parallèle à la réaction qu'eut Eva. Il ne l'avait jamais vu comme ça. Ce jour-là, elle était partie sans un mot, sans le prévenir de l'endroit où elle se rendait. Il avait paniqué, appelé à de multiples reprises, supplier. Eva s'était réfugiée dans sa famille, chez sa sœur plus précisément, et n'avait pas donné suite. Le message qu'il reçut après cet épisode était pour parler de divorce. Son mari ne le souhaitait pas et cherchait par tous les moyens à se racheter, malgré le rejet total et brutal que lui opposait Eva. Lassé de cette lutte, il finit par rendre les armes. Toutefois, le jour même de signer les papiers nécessaires pour officialiser le divorce, il s'était excusé de nouveau et avait exprimé son désir de ne pas divorcer avec elle. Mais c'était trop tard et Eva lui balança des mots durs à la figure comme elle le faisait depuis leur séparation. C'était fini. Lorsqu'elle recevait des messages de lui, Eva ne répondait plus et avait même fini par changer de numéro de téléphone dans le but de ne plus jamais avoir affaire à lui. Une fois seule et confrontée à sa solitude non désirée, Eva ne mit pas longtemps à retomber sur ses pattes. Incapable de demeurer inactive, elle s'était empressée de chercher du travail afin de se préoccuper l'esprit, tant et si bien au point de rarement se trouver chez elle, et ainsi, face au vide qu'était devenu sa vie. Eva était devenue ce qu'on appelait une bourreau du travail. Elle ne souhaitait plus parler des deux chocs qui étaient survenus dans sa vie et ne parlait que très peu de sa vie privée. Elle s'était éloignée de sa famille. Seule son amie de fac restait en contact avec elle ; toutefois, cette dernière était consciente des sujets à ne jamais aborder sous risque de ne jamais revoir Eva. Sa vie, c'était ça. Travailler et le sport, son premier amour. Le vrai.

Sportive comme elle était, elle pouvait se permettre des écarts, notamment aujourd'hui. Tennessee lui manifesta son accord par un hochement de tête, confirmant à voix haute qu'un burger conviendrait tout à fait. Ce n'était guère étonnant : Tout le monde aimait ça. Les rares qui ne l'appréciaient pas étaient associés à des ovnis pour Eva. «  En fait ce matin encore je m’imaginais marcher sur le bord de cette route » lui avoua-t-il avant de finalement tourner son regard sur la route. Eva ne put s'empêcher de lui jeter un regard étonné rapide puis de se concentrer à nouveau sur sa conduite. « Je te l'avais dis, pourtant, que je viendrais te chercher » se contenta-t-elle de répondre. Ne l'avait-il pas cru ? Ou s'était-il convaincu qu'elle ne tiendrait pas parole pour ne pas être déçu ? Dans tous les cas, cela rejoignait la même idée. Mais ça n'avait plus d'importance. Elle était là, avec lui, il n'avait pas à traîner encore dans la rue en sortant de prison. Elle ne comptait pas insister lourdement sur le fait qu'il devait lui faire confiance, qu'elle était là désormais, etc. Elle estimait que la simple phrase qu'elle avait prononcé en disait suffisamment. Pour sa part, le silence ne la dérangeait pas, elle ne s'empressa donc pas de combler celui qui venait de s'installer entre eux. Au contraire, cela avait quelque chose de reposant. Elle ne tenait pas à lui poser des questions auxquelles il n'avait pas envie de répondre et qui jetteraient indéniablement un froid. De ce fait, elle s'abstint et roula tranquillement. A un moment donné, elle lui signala qu'il pouvait mettre la chaîne de radio qu'il souhaitait. Après cela, elle ne dit plus rien. Le paysage défila devant ses yeux, alors que toute sa concentration était vouée à sa conduite. Les quelques pensées qui s'éloignaient de ce qu'elle faisait étaient tournés vers ce qu'il était convenable de faire par la suite ou non. Au bout d'un moment, ils arrivèrent à destination et Eva se gara non loin de l'endroit prévu. Elle éteignit le moteur, prit son sac et sortit. Une fois fait, elle attendit que Tennessee soit sorti pour fermer la voiture. Ensuite, ils se mirent en route. Les mains dans les poches, elle se dirigeait vers le restaurant, Tennessee sur les talons. Elle se fit alors la réflexion que même le fait de marcher dans la rue devait lui avoir manquer. L'air dans la cour de la prison ne valait pas l'air extérieur en étant libre. Toutefois, elle ne fit pas de remarque à l'intéressé sur ce sujet. Au lieu de ça, elle ouvrit la porte du restaurant et laissa Tennessee passer devant. L'endroit s'avérait plutôt cosy, simple. Un bel endroit pour un repas simple sans rien d'extravagant. Eva rejoignit le serveur qui se trouvait derrière le comptoir et demanda une table pour eux. Tennessee et elle le suivirent et s'assirent. Cela fait, elle désigna le menu d'un signe de tête et lui dit de but en blanc : « Prends tout ce que tu veux. Tu le mérites bien ».


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MessageSujet: Re: Back to real world || Tennessee (terminé)   Lun 12 Déc - 20:41


Back to the real world

- Eva — Ten -


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Le paysage qui défilait était d’une banalité presque triste. Le bord d’une nationale, des arbres dénudés de leur parure végétale le temps d’un hiver, quelques panneaux rappelant la vitesse maximale à respecter et d’autres faisant partie de ces campagnes qui visaient à diminuer le nombre de morts sur les routes. Tennessee n’était pas particulièrement émerveillé mais commençait doucement à réaliser qu’il était dehors. Dehors, cette place merveilleuse dont beaucoup de détenus parlaient et fantasmaient et que d’autres fuyaient comme la peste. Il ne savait pas trop quoi penser mais restait assez sceptique. Sans doute que ses parents, en bons chrétiens qu’ils étaient, craignaient qu’avoir abandonné leur fils ne favorise pas leur entrée au paradis. Il ne doutait pas non plus que la réalité n’allait pas tarder à les rattraper et engloutir leurs bonnes intentions.

« Je te l'avais dis, pourtant, que je viendrais te chercher »

Il ne répondit rien et ne détourna même pas son regard fixé sur la fenêtre. Sans doute qu’il aurait été sage de la croire et de lui accorder un plus grand crédit mais, il n’en avait pas envie. Il ne la connaissait pas et n’avait pas envie de la connaître, il se fichait de toutes ses bonnes intentions motivées par le chèque de ses parents coupables. Assis dans cette voiture, il voyait déjà la fin de cette histoire arriver à grande vitesse. Sa présence à sa sortie ne changeait pas grand-chose à ses plans au final. Il comptait reprendre sa vie où il l’avait laissée, dans l’héroïne et les squats familiers, avec les autres toxicos qui ne portaient aucun jugement sur lui. Si elle pouvait lui fournir un toit quelques temps, c’était tant mieux. Mais, il ne comptait pas se faire avoir de nouveau et tout perdre du jour au lendemain parce qu’il s’était laissé aller.

Il ne dit rien d’autre tout le long du trajet réfléchissant à ce qu’il allait faire cette nuit, où il allait aller, qui il voulait voir, la dose qu’il voulait prendre. Les murs épais de la prison ne lui avaient pas fait oublier l’héroïne. La drogue circulait en grande quantité intra-muros et même s’il n’en avait pas eu autant qu’il en voulait, la précieuse poudre blanche l’avait apaisé quelques nuits. Il se souvenait de ses premiers jours de détention et de l’enfer que ça avait été de devoir supporter un manque qui le faisait se plier en deux de douleur chaque heure de chaque journée.

Ils finirent par s’arrêter dans une petite ville en bordure de Los Angeles, pourtant beaucoup moins brillante et attirante que sa grande sœur, quelques badauds s’y promenaient quand même. Ils mirent les pieds dans un restaurant de quartier, rien qui n’avait l’air particulièrement reluisant mais, les odeurs de nourriture et les conversations animées faisaient tout le charme d’un endroit convivial. Une fois assis, il balada son regard sur l’endroit, la tête des gens et le contenu de leurs assiettes. C’était bien différent de la cantine de la prison et, pour la première fois depuis des mois, il avait vraiment envie de manger.

« Prends tout ce que tu veux. Tu le mérites bien ».

Il reposa son regard sur elle avant de répondre sans aucune agressivité ni auto-apitoiement, plutôt comme une réalité certaine :

« Je ne mérite rien du tout »

Il n’avait pas envie qu’on le réconforte, qu’on lui dise qu’il était tout bien tout gentil , qu’il n’avait rien fait de mal et que tout allait aller bien maintenant. Si c’était vrai, il n’aurait pas passé six mois enfermé comme un chien dans un endroit dégoûtant avec des voleurs, des meurtriers et des violeurs.

Lorsque le serveur s’approcha, il demanda un simple burger, le moins cher et refusa poliment la proposition d’une boisson ou d'une portion de frites. Il n’avait dans sa poche que quelques dollars, les mêmes qu’il avait avant de voir la police débarquer dans son squat en pleine nuit.

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MessageSujet: Re: Back to real world || Tennessee (terminé)   Mer 14 Déc - 12:19

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back to real world.
Eva remarqua qu'une fois assis, Tennessee observait l'endroit en s'arrêtant sur quelques éléments. Eva n'imaginait pas comment elle se sentirait si elle avait été enfermée dans un endroit clos pendant des mois et qu'elle pouvait sortir de nouveau un jour. Elle n'aurait pas supporté l'isolement, l'enfermement. Eprise de liberté, elle aurait mal digéré de devoir se fier à des règles. Fort heureusement, elle aurait pu compter sur sa force, ses sens sur-développés et ses compétences pour se frayer un chemin et éviter les ennuis. Personne n'aurait osé l'ennuyer un peu trop. Pendant un instant, son regard s'attarda sur Tennessee sans vraiment le voir. Si elle se fiait à sa silhouette et à ce qu'elle savait de lui, il avait dû se faire bouffer en prison … littéralement. Eva le voyait comme un gamin un peu perdu, elle avait du mal à ne pas compatir même si c'était en partie sa faute. Elle n'était pas du genre à excuser les personnes de leur propre bêtise. Mais elle savait qu'il existait des personnes influençables, Tennessee en faisait partie. C'était triste, mais ça arrivait tous les jours.  Tennessee n'était pas une personne méchante, c'est pourquoi elle éprouvait une forme de compassion. Le fait qu'il ne soit pas insupportable aide pour ce qu'elle doit faire ; elle aura plus envie de l'aider si elle l'apprécie un minimum. La jeune femme le savait déjà, mais elle allait indéniablement devoir l'emmener voir consulter un médecin. Sûrement pas tout de suite, mais dans un avenir plus ou moins proche. S'il avait contracté quelque chose, il valait mieux qu'il soit soigné le plus tôt possible. Pour ce qui était des blessures intérieures, il s'agissait d'une autre affaire. En effet, celles-ci s'avéraient nettement plus délicates à recoudre. Eva le savait parfaitement : Sa détresse intérieure se révélait beaucoup plus profonde qu'au premier regard. Comment pourrait-il en être autrement ? Après une trahison pareille et la mort de sa seule enfant, il n'y avait pas plusieurs alternatives.

« Je ne mérite rien du tout » A cet instant précis, Eva devait aborder une expression qui semblait dire : « Euh... D'accord ... ». Au moins, l'ambiance en avait pris un coup instantanément. Il ne devait pas avoir un avis très élogieux sur sa propre personne. Tant mieux, il était conscient de certaines choses. Il ne voulait pas être réconforté ni quoique ce soit d'autre. Cela avait le mérite d'être clair. Elle ne comptait pas jouer les femmes réconfortantes. Soulagement : Le serveur se manifesta très vite et vint prendre leur commande. Eva faillit faire les gros yeux en entendant ce que venait de dire Tennessee : Il venait de commander un simple burger, le moins cher de la carte. Sérieusement ? Il comptait faire le régime strict minimum ? Il n'osait pas ? Elle ne prit pas la peine de le contredire, elle ne tenait pas à se le mettre à dos dès maintenant. C'est pourquoi elle ne se gêna pas pour passer sa propre commande : Un menu max, avec une boisson et une portion de frites, ajouté à cela un autre burger et une autre portion. Elle n'en n'avait rien à faire de l'avis du serveur, s'il se ferait la réflexion que les gens se goinfraient vraiment. Eva était une louve; elle se dépensait beaucoup, elle ne tenait pas à se comporter comme une maniaque de la diet' et peser chaque gramme qu'elle comptait ingurgiter. La nourriture faisait partie des plaisirs de la vie ; elle ne s'était jamais privée, il n'était pas question que cela commence aujourd'hui. D'autant plus que l'odeur qui dominait l'atmosphère l'agressait davantage que les autres clients : résultat, elle avait faim. Eva tourna son regard vers Tennessee et déclara, dès que le serveur fut parti : « On a déjà parlé de comment cela allait se passer. Tu m'as déjà dis que cela te convenait. La chambre n'est pas spécialement spacieuse, mais tu devrais t'y sentir à l'aise ». Elle avait fait en sorte de déménager les affaires de sa fille et de les ranger. C'était une chambre comme une autre, sa fille n'y avait jamais mis les pieds étant donné qu'elle avait grandi dans la maison où elle habitait avec son ex-mari. Toutefois, Eva avait pris d'assaut la deuxième chambre pour stocker ce qu'elle devait stocker. L'arrivée de Tennessee suscitait quelques changements, mais cela n'avait pas été si difficile que ça. C'était surtout psychiquement que cela aurait dû être délicat ; mais Eva s'était arrangée pour ne pas y penser. « Si tu es d'accord, demain ou après-demain, tu pourrais aller t'acheter quelques vêtements. Je suppose que tu préfères ne pas y aller directement aujourd'hui » Elle avisa le serveur qui se dirigeait vers eux ; l'endroit n'était pas particulièrement bruyant, heureusement. Eva évitait les lieux trop peuplés : cela avait l'inconvénient de lui broyer les tympans, à force de tout entendre nettement (on pouvait remercier ses gênes). C'était un atout, mais qui occasionnait quelques désagréments. Ayant toujours vécu ainsi, elle s'y était habituée. Si bien qu'elle oubliait parfois que tout le monde ne disposait pas des mêmes caractéristiques qu'elle, hormis ses semblables. Quand le serveur leur servit leur commande, cela offrait un tableau presque pathétique : le maigre burger qu'avait commandé Tennessee faisait pâle figure face à ce  qu'avait Eva. Cela aurait dû être l'inverse. Eva ne pipa plus un mot, lui laissant le temps de savourer. Elle ne projettait pas de remplir leur repas de phrases superficielles ; parler pour ne rien dire n'amènerait à rien, d'autant plus que Tennessee ne paraissait pas du tout disposé à rendre cela moins gênant ou plus agréable. Si cela lui convenait ainsi, Eva s'y plierait. Après tout, elle n'était pas sa mère.


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MessageSujet: Re: Back to real world || Tennessee (terminé)   Sam 17 Déc - 22:15


Back to the real world

- Eva — Ten -


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Tennessee ne regardait pas vraiment le serveur ni son interlocutrice. Il était plus intéressé par ses propres pensés que par l’extérieur, ce qui était assez surprenant en soi. Il se demandait ce qu’il était advenu de ses camarades de galères et tentait de deviner à l’avance qui il reverrait ce soir. Nounou ou pas nounou, il savait déjà ce qu’il comptait faire cette nuit. D’ailleurs, celle-ci ne se priva pour commander de quoi faire pâlir un obèse de jalousie. Il ne fit pas de remarque ni de regard désobligeant, ce n’était pas son problème. D’ailleurs, une fois le serveur afféré à une autre table, il recommença à songer à sa nuit, supposant que son petit monde personnel n’avait pas dû bien changer en six mois.

« On a déjà parlé de comment cela allait se passer. Tu m'as déjà dis que cela te convenait. La chambre n'est pas spécialement spacieuse, mais tu devrais t'y sentir à l'aise ».

Tennessee devait confesser qu’il n’y avait jamais vraiment réfléchi. Ce n’était pas qu’il ne la croyait pas ou doutait de la bonne volonté de ses parents … enfin il y avait de ça mais, ce n’était pas la raison principale. Dans le fond, il s’en fichait un peu. Il ne comptait pas sur elle ou sur les sous de ses adoptants pour se démerder. A force, le jeune homme avait l’habitude et savait toujours trouver ce dont il avait besoin quand il avait besoin. Bien sûr, une chambre et un lit seraient plus confortable qu’un squat incertain mais, dès que les choses changeraient, il retomberait sur ses pattes.

« Si tu es d'accord, demain ou après-demain, tu pourrais aller t'acheter quelques vêtements. Je suppose que tu préfères ne pas y aller directement aujourd'hui »

« Comme tu veux », répondit-il sans cérémonies.

Les seuls vêtements dont il disposait étaient sur lui. A cette maigre fortune s’ajoutait un autre sweat et un jogging dans son sac, se refaire une garde-robe pouvait toujours servir. Quand le serveur arriva, il ne s’offusqua pas de la différence de quantité dans les deux plateaux. Ça aussi, il s’en fichait tant qu’il avait quelque chose qui avait une allure un peu plus élaborée qu’une vieille bouillie de grumeaux, il était content. Le goût de la viande ravit ses papilles et il prit soin de savourer chaque bouchée même si une petite voix dans sa tête lui hurlait de tout dévorer sans plus de chipotage.

Une fois son maigre repas terminé, il balada à nouveau son regard mordoré sur l’espace environnant avant de s’arrêter sur son interlocutrice silencieuse dont l’assiette était encore bien pleine. Il se permit de lui prendre quelques frites avant de lui demander :

« Ce n’est pas que je ne crois plus aux miracles de Noël ou aux bons saints-Maritain mais, qu’est-ce que tu attends de moi ? »

Ils avaient déjà pu discuter de longues heures, Eva étant la seule visite du toxico. Sauf que, maintenant qu’ils étaient arrivés aux choses sérieuses, il voulait en savoir un peu plus sur cet arrangement entre elle et ses parents et surtout, ce que ça impliquait pour lui.

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MessageSujet: Re: Back to real world || Tennessee (terminé)   Dim 25 Déc - 10:53


back to real world.
Indifférent, Tennessee se contenta de lui formuler une réponse évasive. Eva se retint de lâcher un commentaire. Ce n'était pas le moment de dire ce qu'elle pensait, même si cela lui brûlait la langue. Il fallait qu'elle soit compréhensive. Compréhensive. Et patiente. Mais ce qui était sûr, c'était qu'il ne donnait pas vraiment envie de l'aider. Fort heureusement qu'elle avait eu le temps de lui parler par le passé, sinon, il ne lui laisserait pas une bonne impression. Tout simplement parce qu'il s'agissait du dernier de ses soucis. Elle aurait dû s'y attendre. Elle ne pouvait s'empêcher d'espérer que son comportement s'améliore par la suite, une fois qu'il serait habitué.

Le repas fut servi, au grand bonheur des deux parties. Eva avait déjà terminé le sien alors même que Tennessee n'en n'était qu'à la moitié. Il prenait le temps, tant mieux, c'était ce qu'il fallait faire. Elle se souvenait encore de la voix de sa mère, lorsqu'elle la réprimandait à table : Mange plus lentement, Evangeline ! Elle s’exécutait au moment même, mais recommençait le jour suivant. Elle était habituée à manger rapidement, c'était comme ça. Ils n'échangèrent pas un mot pendant un moment. Eva ne trouvait pas ce moment particulièrement gênant, étant donné qu'elle s'en fichait. Il ne voulait pas parler ? Tant pis, elle s'en accommoderait. Elle ne comptait pas le forcer. Quand elle remarqua qu'il s'emparait de quelques frites provenant de son assiette, la jeune femme eut le plus grand mal du monde à se retenir de sourire. Exactement ce qu'elle voulait.

« Ce n’est pas que je ne crois plus aux miracles de Noël ou aux bons saints-Maritain mais, qu’est-ce que tu attends de moi ? » A cet instant, elle daigna enfin lever les yeux vers lui. Tennessee était bien conscient qu'Eva n'était pas une bonne saint-maritaine. De toute manière, elle n'aurait jamais appris son existence si ses parents ne l'avaient pas contactée. De plus, Eva devait suffisamment gérer sa vie pour se préoccuper de celle des autres de manière totale et entière. Mais comme dans le cas présent, cela rentrait dans ses prérogatives, compte tenu de son nouveau « travail », autant mêler l'utile à l'agréable : Elle faisait une bonne action, et elle était rémunérée. Voilà, il n'y avait rien de plus compliqué que ça. Les tables voisines n'étaient pas occupées, mais elle préféra baisser légèrement d'un ton. « Comme je te l'ai déjà dis, ce n'est rien d'alarmant. Tu auras toujours de quoi manger, un endroit où aller, un lit où dormir : Tu ne seras plus à la rue. Tu pourras continuer d'avoir ce qu'il te faut. Bref, tout ce que tu veux. Sauf que je vérifierais ce que tu achètes... » en voyant son regard, elle se reprit : « Pas dans ce sens là. Je vérifierais juste que tu t'adresses à quelqu'un de … confiance, pour qu'il ne te refourgue pas n'importe quoi. Je devrais être avec toi lorsque tu prendras ta dose, histoire qu'il ne t'arrive pas quelque chose » le tout d'un ton égal, détaché. Elle le regarda de nouveau et haussa les épaules « C'est à toi de voir ». Eva termina son burger, but quelques gorgées avant de reposer son verre. Il restait encore quelques frites. Elle poussa légèrement son assiette vers lui « Si tu peux, aides-moi à finir. Ce serait idiot de gaspiller ». Eva pouvait finir elle-même en se forçant un peu, mais elle espérait bien que Tennessee se laisse un peu tenter : c'était pourquoi elle avait prévu large.


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MessageSujet: Re: Back to real world || Tennessee (terminé)   Lun 2 Jan - 22:51


Back to the real world

- Eva — Ten -


The worst things in life come free to us 'Cause we're just under the upper hand And go mad for a couple grams

Tennessee était et se montrait méfiant, c’était logique quand on connaissait l’histoire balbutiante du jeune homme. Il ne portait pas de grands espoirs dans cet accord entre son interlocutrice et ses parents mais, témoignait une certaine curiosité sur les modalités, se demandant bien qui pouvait être assez désespéré pour accepter ce genre de contrat. Oui, Tennessee n’avait plus une grande estime de lui-même et à forcer de se voir marqué du titre de toxicomane irrécupérable il l’acceptait, ne se définissant plus que par ce dernier, oubliant ses dons pour le dessin, sa compassion légendaire, sa passion pour les jeux vidéos et certaines séries télés et, à peu près tout ce qui faisait de lui un être humain.

« Comme je te l'ai déjà dis, ce n'est rien d'alarmant. Tu auras toujours de quoi manger, un endroit où aller, un lit où dormir : Tu ne seras plus à la rue. Tu pourras continuer d'avoir ce qu'il te faut. Bref, tout ce que tu veux. Sauf que je vérifierais ce que tu achètes... »

Il tiqua sur le dernier élément, n’appréciant pas qu’elle vienne fourrer son nez dans ses affaires privées. Il s’était déjà retrouvé en prison une fois et même si la fatalité ne tarderait sans doute pas à le rattraper, il ne comptait pas y être renvoyé de nouveau.

« Pas dans ce sens là. Je vérifierais juste que tu t'adresses à quelqu'un de … confiance, pour qu'il ne te refourgue pas n'importe quoi. Je devrais être avec toi lorsque tu prendras ta dose, histoire qu'il ne t'arrive pas quelque chose »

Quelque chose … la légendaire overdose, apanage des camés désocialisés aux allures de cadavres. Visiblement, le contrat se limitait à un toit et s’assurer qu’il ne meure pas. L’image de la seule overdose qui l’avait consumé devait rester gravée sur la rétine de sa mère.

« C'est à toi de voir ».

Il ne répondit pas. Qu’avait-il à dire de toute façon ? Il se méfiait et sentait l’évolution des discours gentils et compréhensifs vers les discours guerriers ayant pour fonction de le faire arrêter ses consommations. Dommage, ce n’était absolument pas dans ses plans. Elle poussa le reste de son assiette vers lui, indiquant qu’il pouvait disposer des dernières frites qui lui restait. Il repoussa l’assiette vers elle, montrant qu’il n’en voulait pas.

« Et si on passait un accord toi et moi ? Je ne t’embêterai pas, en fait, tu ne me verras même pas. Je viendrai juste dormir et utiliser la salle de bain. En échange, tu me fous la paix et ne te mêle pas de mes affaires et moi je dis à mes parents que tout se passe bien et que tu es la meilleure des Mary Poppins »

Tennessee gardait ses références, il avait grandit avec les films de Walt Disney comme beaucoup de jeunes de sa génération et de son milieu. Malheureusement, ce détail ne contribuait pas à sa crédibilité dans des interactions sociales plus … compliquées. De toute façon, il ne voyait pas vraiment quel pouvoir elle pouvait avoir sur lui. Un lit et un toit, ce n’était pas si difficile à trouver que ça. De toute façon, il n’imaginait absolument pas retrouver une vie normale, se lever le matin et travailler ou aller en cours, sortir et voir des gens, faire ses courses et toutes les conneries qui allaient avec. Tennessee avait revu ses objectifs à la baisse et n’aspirait plus qu’à trouver un moyen financier de payer sa came et avoir la paix. Bien sûr, qu’Eva lui fournisse l’argent était un pas non négligeable vers une partie de ses objectifs mais, il ne lui faisait pas confiance ou plutôt, c’était à ses parents qu’il ne faisait absolument pas confiance.

« Tu ne vas quand même pas me faire croire que mes parents t’on fourni un budget pour que leur fils prodige entretienne sa déchéance et son déclassement social hum ? »

Tennessee gardait aussi un certain vocable qui ne l’aidait pas non plus dans les milieux qu’il cotoyait désormais.

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MessageSujet: Re: Back to real world || Tennessee (terminé)   Sam 7 Jan - 11:17


back to real world.
En réponse, il poussa l'assiette vers elle. Bon. Au moins, elle aurait essayé. Après un haussement des épaules, elle termina son assiette. Aucune nourriture n'était gâchée avec elle, ça, on pouvait en être certain. Puis, enfin, ce dont auquel elle s'attendait se produisit. Un accord. Entre eux. Il promettait de ne pas l'embêter, qu'elle ne le verrait même pas. Il lui assurait qu'il ne viendrait que pour dormir et utiliser la salle de bain. En échange de quoi, elle devait lui foutre la paix et ne pas se mêler de ses affaires. En plus de ça, il comptait mentir à ses parents en disant que tout se passerait bien et qu'elle était la meilleure « Mary Poppins » selon ses dires. Eva n'avait jamais guère apprécié ce dessin animé. D'ailleurs, elle ne l'avait jamais fait découvrir à sa fille. Cela tournait davantage autour de La Petite Sirène, Le Roi Lion et les 101 Dalmatiens. Emilia les adorait. Elle rêvait d'être une sirène un jour et d'avoir un dalmatien. Le premier rêve, ce n'était pas pour tout de suite : Mais le dalmatien, cela s'était négocié. Eva s'était promis de lui en acheter un, lorsqu'elle serait guérie. Elle n'en n'avait jamais eu l'occasion.

Cependant, il avait des bonnes références. Cela l'aurait fait sourire dans d'autres circonstances. Au lieu de ça, Evangeline continuait de grignoter ses frites avec un air totalement désintéressé.

« Tu ne vas quand même pas me faire croire que mes parents t’ont fourni un budget pour que leur fils prodige entretienne sa déchéance et son déclassement social hum ? » Plusieurs secondes s'écoulèrent avant qu'elle ne daigne lever les yeux vers lui. Il ne fallait pas être medium pour comprendre qu'il leur en voulait. En acceptant ce boulot, les parents de Tennessee avaient expliqué les grandes lignes sur ce qui s'était passé. Du moins, autant qu'ils en savaient. Eva ne se trouvait pas là pour les juger et leur donner des conseils pour être de bons parents. Son avis ne comptait pas. Elle voulait juste faire ce qu'on lui demandait et être payée en retour. N'étant pas stupide, elle se doutait que le jeune homme n'allait pas obéir aux règles facilement et qu'il essaierait de trouver un compromis avec elle. Malheureusement pour lui, cela n'entrait pas dans les plans de sa nouvelle baby-sitter. « Il vaut mieux ça que te forcer à faire une désintoxication qui ne réussira pas. Si tu ne veux pas, ils ne pourront jamais te forcer à arrêter » lui répondit-elle sans intonation particulière. « Être certains que tu n'es pas seul, que tu as un endroit où dormir, de la nourriture, une salle de bain à disposition et que tu ne coures pas de risques, c'est déjà bien ». Un premier pas. Le reste ne suivrait pas facilement. Si Tennessee ne souhaitait pas s'en sortir, c'était peine perdue. Il valait mieux procéder petit à petit plutôt que foncer et faire tout foirer.

Eva s'essuya la bouche, plus pour la forme qu'autre chose et se leva. Elle attendit qu'il fasse de même pour se diriger ensuite vers le comptoir. Elle échangea quelques paroles avec le personnel avant de régler la note, d'accepter quelques bonbons en remerciement et de dire au revoir. En sortant la jeune femme en proposa quelques uns à Tennessee. Le changement de température se fit sentir. Eva fourragea ses mains dans ses poches et se dirigea rapidement vers sa voiture. Elle prit place et s'attacha, pendant que Tennessee procédait à la même chose. Eva posa ses gants et les bonbons dans un endroit adéquat. Elle enleva le papier de l'un et l'ingurgita aussitôt. Le chocolat, il n'y avait rien de meilleur au monde. Aussitôt, la voiture démarra et ils quittèrent le parking en silence. Eva ne pipait pas un mot depuis le restaurant. Elle estimait en avoir suffisamment dit : Si elle n'avait pas rebondit sur ses propos, c'était bien qu'elle refusait sa proposition. Il n'y avait pas besoin de clarifier les choses. Tennessee n'était pas idiot. « Au fait, » fit-elle en tournant son regard dans sa direction « Tu es allergique à quelque chose ? Quelque chose que tu n'aimes pas spécialement ? ». Ses yeux convergèrent presque aussitôt sur la route. Elle ne donnait décidément pas l'impression qu'ils aient parlé de ce compromis un peu plus tôt. Comme s'il n'avait rien dit, comme si elle n'avait pas besoin de plus pour exprimer ses intentions. Il en faudrait plus pour la contraindre à abandonner. Elle se souvenait encore de ses jeunes années, lorsqu'elle faisait partie de clubs. Une blessure l'avait contrainte à arrêter une confrontation, ce qui l'avait fait enrager. Elle avait insisté comme pas possible pour continuer. Cela n'avait pas marché, évidemment. Les entraîneurs ne connaissaient pas les particularités des loups-garous et Eva ne pouvait se permettre de le leur expliquer. C'est pourquoi, elle avait dû rester sur le banc, à l'écart, la tête dans les mains et l'air grognon. Dès que sa blessure fut guérie, elle était de retour. Certains s'étonnaient de ne pas la voir prendre un peu de repos, mais cela ne durait jamais très longtemps. Ils étaient trop contents d'avoir des sportifs efficaces qui puissent leur rapporter du prestige, puisse-t-ils être des filles. Le stéréotype de lu jeune américain sportif et des américaines pom-pom girl persistait. Evangeline n'avait jamais pu faire partie de cette catégorie, au grand jamais. Elle avait essuyé quelques critiques à ce propos mais ne s'en formalisait jamais. Eva répondait toujours et faisait en sorte qu'on lui fiche la paix. Il s'agissait, certes, d'une sportive : mais plus important encore, d'une sportive gagnante. Et ça, cela faisait toute la différence. Que diraient-ils en voyant ce qu'elle était devenue ? Promise à un grand avenir sportif, retrouvée à jouer les baby-sitter d'un jeune homme qui ne voulait pas qu'on s'occupe de lui. Brillant, vraiment. Si Dieu existait vraiment, il devait avoir un sacré sens de l'humour.


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MessageSujet: Re: Back to real world || Tennessee (terminé)   Dim 8 Jan - 22:16


Back to the real world

- Eva — Ten -


The worst things in life come free to us 'Cause we're just under the upper hand And go mad for a couple grams

I saw the light fade from the sky
On the wind I heard a sigh
As the snowflakes cover my fallen brothers
I will say this last goodbye


La réponse ne se fit pas attendre son interlocutrice était visiblement préparée aux questions de ce genre. Tennessee s’interrogeait sur elle, se demandant ce qui pouvait bien la motiver à une tâche aussi ingrate.

« Il vaut mieux ça que te forcer à faire une désintoxication qui ne réussira pas. Si tu ne veux pas, ils ne pourront jamais te forcer à arrêter. Être certains que tu n'es pas seul, que tu as un endroit où dormir, de la nourriture, une salle de bain à disposition et que tu ne coures pas de risques, c'est déjà bien ».

Elle semblait assez lucide sur la situation. Il ne voulait pas arrêter, c’était clair et net. L’idée de risques dessina un point d’interrogation qu’il rangea dans un coin de son esprit. Même s’il n’avait pas de réponse réelle, c’était déjà un début, sans doute n’allait-t-elle pas se montrer trop pressante et insistante dans leur future vie commune.

Sans un mot, il suivit sa nouvelle baby-sitter jusqu’au comptoir et la laissa payer. De toute façon il n’avait pas grand-chose en poche et ce n’était pas lui qui avait choisi de venir manger ici. Il accepta quand même les petits bonbons, ceux qui collaient aux dents mais qu’on aimait quand même engloutir par dizaines. Ce petit goût sucré lui arracha un sourire enfantin alors qu’ils se dirigeaient vers la voiture dans le froid de l’hiver.

« Au fait, tu es allergique à quelque chose ? Quelque chose que tu n'aimes pas spécialement ? »

Cette question le décontenança un peu. Leur précédente conversation tournait autour de l’héroïne et de leur future vie commune et là, c’était une question digne d’un speed dating.

« Je ne suis pas très difficile », répondit-il vaguement.

Il ne savait lui-même pas quoi en penser. Après tout, il n’avait plus vraiment le luxe d’aimer ou de détester des choses. Si avant, il avait des gouts de luxe et pouvait même se montrer pointilleux sur des détails, il n’en avait plus trop l’occasion, ni l’intérêt. Ils échangèrent un peu le long du chemin avant d’arriver dans leur nouvel endroit. C’était un immeuble comme il y en avait des milliers d’autres. Il n’était ni pauvre, ni luxueux. Ils étaient au troisième étage mais, l’immeuble était doté d’un petit ascenseur. L’appartement était pas mal, ils avaient chacun une chambre même si celle de Tennessee était plus petite comme si sa chambre était destinée à un enfant. Le salon était assez cosy avait une cuisine ouverte et un petit balcon. La salle de bain disposait même d’une baignoire. Il en profita en premier.

Le fait d’avoir une petite intimité était vraiment agréable. L’odeur du gel douche et du shampoing même s’ils étaient pour fille, lui firent un bien fou. Il en arrivait même à l’idée que c’était sa première douche depuis longtemps. Des vêtements propres l’attendaient, juste un jeans et un pull. Un petit sourire éclaira son visage, il se détendit un peu. De retour dans le salon, il avait beaucoup moins l’air d’un toxico et beaucoup plus d’un gamin un peu perdu.

« Merci pour les vêtements … Qu’est-ce qu’on est censés faire maintenant ? »

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MessageSujet: Re: Back to real world || Tennessee (terminé)   Jeu 12 Jan - 21:11


back to real world.
« Je ne suis pas très difficile » se contenta-t-il de répondre, préférant rester vague. Eva le prenait au mot ; qu'il n'aille pas se plaindre après. Elle commençait déjà à s'interroger sur ce qu'elle pouvait lui faire, ce soir. Lui demander de cuisiner ne la gênait pas le moins du monde, bien au contraire. Elle se souvenait de ces moments où elle poussait son ex-mari à lui dire ce qu'il souhaitait manger, lorsqu'elle était en panne d'inspiration. La jeune femme avait beau adorer ça, personne n'était infaillible. Par moment, les idées manquaient, malgré le talent et la bonne volonté. Elle devait bien détenir plusieurs livres de cuisine, à ce propos, soigneusement rangés. C'étaient bien les seuls livres qui se trouvaient chez elle. Du moins, si on ne prenait pas en compte les livres Disney.

Ils eurent l'occasion d'échanger quelques mots pendant le trajet, l'empêchant de s'interroger plus que nécessaire sur le plat qu'elle devrait bientôt préparer. Finalement, ils finirent par arriver. Eva se gara sans un mot, sortit du véhicule, suivie par son nouveau colocataire. Certaines personnes angoissaient à l'idée de montrer leur intimité à quelqu'un, que ce ne soit pas assez bien. Eva était bien loin de ces préoccupations futiles. Elle n'en n'avait que faire de l'avis de Tennessee à ce propos, de plus qu'elle se doutait parfaitement qu'il n'en n'avait strictement rien à faire. Il devait plutôt penser au vrai lit qui l'attendait, sa chambre personnelle et à la salle de bain. Eva s'était un peu renseignée de son côté, en dehors des renseignements de Tennessee. Pas étonnant que la vraie vie lui manquait. Bien évidemment, elle ne doutait pas qu'il lui manquait autre chose. Quelque chose de superflu, un poison, mais qui se révélait être une véritable addiction une fois consommée. Une saloperie parmi tant d'autres auxquelles Eva s'était promis de ne jamais toucher. Elle ne s'était jamais droguée et n'avait jamais rien fumée. Elle buvait de temps en temps, mais n'aimait pas beaucoup d'alcool et surtout, n'en consommait jamais trop ni trop régulièrement. Si elle n'en n'avait pas, cela ne lui manquait pas. S'il y en avait ou si on lui en proposait, elle acceptait. C'était tout.

Une fois arrivés à l’appartement, Eva ne se gêna pas pour poser sa veste, son écharpe, ses gants et son bonnet. Le chauffage était déjà en place. Quel bonheur indescriptible de rentrer de chez soi. Honnêtement, il n'y avait pas de mot pour ça. Eva appréciait l'hiver, mais devait admettre que se mettre au chaud chez elle n'était pas de refus. Elle posa son sac également. Tennessee, après avoir examiné un peu l'appartement, s'en alla se rafraîchir. Il devait en avoir besoin. Eva compatissait. Elle avait fait en sorte d'acheter tout le nécessaire pour son arrivée. Elle avait tout prévu. Seul l'achat de vêtement nécessitait sa présence. Autant qu'il ait des vêtements qu'il ait choisi et qui lui plaisent. D'autant plus qu'elle savait qu'il aimait le shopping. Elle espérait lui faire plaisir en lui proposant cette sortie, le faire sortir, lui faire faire quelque chose qu'il appréciait tout en lui changeant les idées. Pendant qu'il s'occupait de lui, Eva s’attela à vérifier qu'elle avait tout à disposition pour ce qu'elle prévoyait de préparer le soir même. Elle était en train de vérifier le contenu d'un placard lorsqu'il la rejoignit. Eva sourit en le voyant arrivé et referma la porte. « Merci pour les vêtements … Qu’est-ce qu’on est censés faire maintenant ? » Elle ne put s'empêcher de rire légèrement « Tu sais, il n'y a pas de programme pré-établi ». Elle se rapprocha du plan de travail qui se trouvait entre eux et posa ses mains dessus. « C'est comme tu préfères. On pourrait aller faire les magasins pour te trouver ce qu'il te faut de plus, à moins que tu veuilles rester ici ou faire quelque chose d'autre. C'est toi qui vois ».

Elle patienta un peu, pour qu'au final il donne son accord pour aller faire les magasins. Eva lui retourna un franc sourire « Alors, on y va » elle retourna dans le salon pour se rhabiller rapidement, prendre son sac et ouvrir la porte. Tennessee sorti, elle ferma l'appartement et revint au parking qu'ils avaient quitté quelques instants plus tôt. Il ne leur fallut que quelques minutes pour arriver sur le parking d'un magasin qu'elle connaissait. Elle espérait que Tennessee y trouve son compte, même si ce n'était pas vraiment grave : Au besoin, ils pouvaient se rendre ailleurs. Elle le laissa regarder à sa guise, Eva se contentant de garder ses mains dans ses poches, de le regarder un peu ou de regarder ce qui les entourait sans vraiment regarder. Elle ignorait son style vestimentaire, étant donné qu'elle ne l'avait vu qu'en tenue de détenu. Le voir autrement changeait la donne, c'était certain. Il avait une toute autre allure. Il ressemblait à un simple jeune adulte, tout simplement. « Tu peux prendre tout ce dont tu as besoin, ne t'inquiètes pas pour ça ». Quelques instants plus tard, elle se retrouvait assise sur un pouf, les jambes croisées, attendant patiemment que Tennessee fasse les essayages nécessaires. Eva choisit de consulter son portable, histoire de s'occuper. Des messages l'attendaient. Elle répondit au message d'Alice, un sourire aux lèvres, avant que ce dernier ne s'évanouisse en découvrant un message de sa sœur aînée. Contrariée, elle ne daigna pas lui répondre. Ce n'était pas le moment pour ça. Il ne fallait pas qu'elle y pense. Elle préféra ranger son portable et contempler le vide en attendant. Après tout, chacun s'occupait comme il pouvait.




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Tennessee Williams
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MessageSujet: Re: Back to real world || Tennessee (terminé)   Jeu 12 Jan - 21:55


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Tennessee ne savait pas trop que faire ni quoi penser. Sans doute que le temps répondrait à ses interrogations.

« Tu sais, il n'y a pas de programme pré-établi. C'est comme tu préfères. On pourrait aller faire les magasins pour te trouver ce qu'il te faut de plus, à moins que tu veuilles rester ici ou faire quelque chose d'autre. C'est toi qui vois ».

Il arqua un sourcil, assez surpris de la flexibilité de son hôte. N’avait-elle donc rien d’autre à faire ? En tout cas, l’idée d’avoir de nouveau vêtements, ou d’avoir un dressing tout simplement, le tentait bien. Après tout, il n’avait rien d’autre que les vêtements avec lesquels il était sorti de là. En plus, si c’était elle qui payait, c’était encore mieux. Son choix se porta donc sur la séance shopping. Il suivit Eva en dehors de l’appartement qu’il venait à peine de découvrir. Dans la voiture, son regard était de nouveau porté sur le paysage. Sauf que cette fois, il était beaucoup plus urbain. C’était un quartier assez calme et tranquille qu’il ne connaissait pas avant. Sans doute qu’une petite trotte sera nécessaire pour trouver une dose digne de ce nom. Pourtant, cette idée n’était pas dans son futur immédiat. La prison lui avait servi de cure et son addiction avait perdu de sa superbe. C’était sans doute le meilleur moment pour décider de prendre sa vie en main et d’arrêter de consommer de l’héroïne mais, il n’en avait pas envie.

Le magasin était une boutique assez intéressante. Les prix n’étaient pas indécents et le style général était assez sobre. Tennessee parcourra l’endroit du regard et se rendit compte qu’au final, il s’en fichait un peu. Il ne voyait plus vraiment l’intérêt d’une apparence soignée et finit par prendre quelques jeans et des sweat-shirts assez épais pour l’hiver. Il ne savait pas combien de temps cette petite combine d’hébergement allait durer et il fallait mieux faire le plein. L’essayage fut rapide, le rendu global de la tenue ne l’intéressait pas, seul la taille avait une quelconque importance. Torse nu dans la cabine, son regard fut attiré par son reflet. Encore une fois, il ne savait pas trop quoi en penser. En passant son pouce dans le creux de son coude gauche, il sentit les petites traces qu’il restait des intrusions répétées d’une seringue de métal. Il avait beaucoup moins l’air d’un drogué qu’un an plus tôt lorsqu’il avait rencontré le fameux vampire. Ce souvenir finit de plomber son humeur.

Il sortit de la cabine et se contenta de prendre en plusieurs exemplaires les vêtements à sa taille. Une fois cette tâche herculéenne accomplie, il se retourna vers Eva assise sur ce qui ressemblait à un pouf d’une couleur douteuse et l’apostropha :

« C’est bon j’ai ce qu’il me faut »

Cela faisait à peine dix minutes qu’ils étaient entrés et de nombreux rayons n’avaient même pas eut un seul regard. Au final, la sortie shopping ne lui plaisait pas tant qu’il l’avait cru. Visiblement, il avait beaucoup changé, un changement dont lui-même ne se rendait pas totalement compte.


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MessageSujet: Re: Back to real world || Tennessee (terminé)   Jeu 12 Jan - 22:40


back to real world.
Lorsqu'Eva releva les yeux, ce fut pour voir le visage fermé de Tennessee et d'entendre sa remarque expliquant qu'il avait trouvé ce qu'il lui fallait. Eva se contenta d'acquiescer sans un mot avant de se lever. Il était inutile de sortir une remarque futile, du genre « Tu es sûr ? ». Bien sûr qu'il l'était. Sinon il ne le dirait pas. Eva alla à la caisse, se désintéressant de ce que faisait Ten pour examiner d'un air distrait ce qu'il avait pris. Les même modèles, simples, sobres. Eva n'était pas si surprise que ça par son choix. Dans un certain sens, oui, la jeune femme avait cru comprendre qu'il adorait acheter des vêtements. Il semblait que les événements l'avaient suffisamment changé au point de gâcher ce plaisir qu'il avait autrefois. Eva paya ce qu'elle devait sans signe distinctif concernant sa réaction. Quelque part, ce n'était pas elle qui payait – elle n'avait pas son mot à dire là-dessus. Qui plus est, il ne s'agissait pas d'achats superflus, mais utiles. Il faudra certainement en racheter d'autres à l'avenir. Eva échangea quelques politesses avec la vendeuse avant de s'emparer des trois sacs avec la facilité qu'un enfant aurait à soulever une peluche. Elle reconnaissait les avantages qu'offraient sa nature de lycanthrope, surtout quand elle rentrait des courses. En voyant certaines personnes galérer dans la même situation, Eva trouvait cela presque amusant. Quelque chose qu'elle ne connaîtrait sans doute jamais.

Une fois de retour à l'appartement, Eva se contenta de se décharger dans la nouvelle chambre de Tennessee. Il l'avait suivi sans un mot. Sans doute qu'il voulait se retrouver seul, quelque chose avait assombri son humeur et Eva ne comptait pas l'embêter. C'est pourquoi elle avait respecté son silence durant le trajet de retour. Ce genre de choses ne la gênait pas du tout. Ce n'était pas une pipelette. Du moins, pas avec quelqu'un qu'elle connaissait à peine ou qui était de mauvaise humeur. « Si tu as besoin de quelque chose, n'hésites pas à me le dire » lui dit-elle en le regardant dans les yeux avant de faire mine de sortir. Elle s'arrêta sur le seuil, hésitant, puis se retourna pour regarder de nouveau Tennessee. « Tu sais … Je me doute que ce n'est pas évident pour toi. Peut-être que tu ne te sentiras jamais chez toi ici – c'est même très probable. Mais j'aimerais que dans un avenir plus ou moins proche, tu t'y sentes à l'aise. En attendant, ne te gêne pas, tu peux faire ce que tu veux : regarder la télé, ou quoi... Même si je m'excuse d'avance du peu de choix de films qui s'offrira à toi » ajouta-t-elle avec un sourire d'excuse. Qu'on élimine le préjugé de la fille qui possède des comédies romantiques, sur le champ. Elle possédait bien quelques DVD, sans que ce soit exponentiel. On y trouvait beaucoup de Disney, d'ailleurs. Elle n'avait pas jugé bon de les enlever. Pour ce qui était de ce qu'on appelait « ses plaisirs coupables », ils se trouvaient dans sa chambre. Non qu'elle se souciait de son avis là-dessus, mais ils s'y trouvaient déjà, étant donné qu'elle en avait visionné plusieurs quelques jours avant. Elle n'avait pas jugé bon de les ranger.

Après avoir fermé la porte derrière elle pour laisser tranquille Tennessee. Directement, elle se dirigea vers sa chambre et laissa la porte entrebâillée. Elle entreprit de se changer rapidement et d'opter pour des vêtements plus confortables. Son choix se porta sur son legging favori et choisit de garder le pull gris qu'elle portait déjà. Elle rangea ses chaussures à leur juste place et alla à la cuisine. La jeune femme débuta les préparatifs pour le repas du soir. Elle préférait s'en charger maintenant, elle avait besoin de s'occuper. Mécaniquement, elle alluma la télé sans choisir la chaîne, histoire d'avoir un bruit de fond. Elle en avait toujours besoin pour cuisiner. Une vieille habitude. Elle avait de quoi s'occuper une bonne heure, au moins. Eva s'arrêtait de temps en temps pour consulter son téléphone. Une fois fini, elle mit le plat à cuire, nettoya derrière elle et éteignit la télé avant d'aller dans sa chambre. Elle avait bien le temps de se regarder un film, voire peut-être un ou deux épisodes d'une de ses séries. Son PC allumé, elle s'attela à trouver la bonne page et de commencer le visionnage. Une fois installée sous la couette, avec un chocolat chaud non loin et quelques cookies qu'elle avait fait un peu plus tôt, devant un bon film, elle ne voulait être nulle part au monde qu'ici. Tous les ingrédients réussis, selon elle, pour passer un bon moment. Pour l'instant, l'ensemble ne comportait pas d'option « câlin » avec quelqu'un, mais qui sait, il allait bien falloir qu'elle se remette en selle... Un jour, sûrement. Elle croyait en avoir fini des blessures de son divorce, toutefois, à certains moments, elle éprouvait encore un pincement au cœur, de la nostalgie et de la tristesse. Fort heureusement, le principal concerné ne le saura jamais. Eva préférait manger des lentilles plutôt que le lui avouer. Cela faisait partie désormais de ses petits secrets qu'elle tenait soigneusement à garder pour elle. Elle avait bien mangé en l'espace de trois ans, c'était certain. Elle était bien heureuse de côtoyer une nouvelle personne, de sociabiliser - cela lui manquait, quelque part. Toutefois, elle se réjouissait de la simple idée qu'il ne connaissait rien d'elle et ne pouvait donc pas poser les questions qu'elle redoutait tant. Une personne avec qui discuter simplement, de tout et de rien. Peut-être bien qu'il l'aiderait aussi, à sa manière, sans s'en rendre compte, par sa simple présence. Eva avait besoin d'occupation. Il ne faisait pas l'ombre d'un doute que Tennessee allait l'occuper suffisamment, ces prochains mois. Elle allait sûrement en vivre des vertes et des pas mûres mais, le jeu en valait la chandelle. Pour l'argent et pour le service qu'il lui rendait sans en avoir conscience. Qui sait, peut-être pourrait-elle être surprise de cet arrangement particulier. Du moment qu'il ne s'agissait pas d'une mauvaise surprise. Eva en avait suffisamment connu pour toute une vie.


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MessageSujet: Re: Back to real world || Tennessee (terminé)   Sam 28 Jan - 17:49


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Tennessee avait terminé son « shopping », la tête dans les nuages comme souvent. Cette journée lui semblait irréelle. Hier encore il traînait sa carcasse dans les couloirs de la prison, aujourd’hui il était libre et disposé d’une nounou. Sa liberté promettait d’être limitée dans ces conditions mais, au moins il avait un toit pour les jours à venir. C’était un certain avantage même s’il doutait sérieusement que cette drôle de situation puisse durer plus de quelques mois. Il savait bien l’avis que les gens portaient sur lui et il doutait sincèrement que cette Eva pensait différemment. Surtout que ses propres parents avaient dû dresser de lui un portrait pas très flatteur. Alors qu’Eva payait il se surprit à penser à ses parents. Cela faisait un an qu’il ne les avait pas vus, qu’ils étaient sortis de sa vie ou qu’il était sorti de la leur, il ne savait pas trop bien. Il ne comprenait d’ailleurs pas pourquoi ils choisissaient de dépenser tant d’argent pour lui alors qu’ils n’avaient même pas voulu faire le trajet pour venir le voir. C’était sans doute une histoire de culpabilité. En tant que bons chrétiens ils ne pouvaient pas laisser le garçon qu’ils avaient adoptés à la rue, encore.

En rentrant, il ne dit pas un mot non plus. Il n’avait pas envie de discuter et se posait beaucoup de questions auxquelles il n’avait pas de réponse. A un moment, il en vint même à se demander si tout ceci n’était pas un piège pour avoir la main sur lui à sa sortie de prison et l’envoyer en désintox ou un autre truc charmant du genre hôpital psychiatrique et électrochocs. De toute façon, même si c’était le cas, ce n’était pas bien grave, il trouverait bien un moyen pour se sauver. L’idée d’une guérison ne lui plaisait pas du tout, il ne voyait pas ce qu’il pouvait en retirer de bien.

Arrivés à l’appartement, il resta silencieux, se contentant de suivre docilement.

« Si tu as besoin de quelque chose, n'hésites pas à me le dire »

Une petite voix dans sa tête faillit le faire répondre « un gramme d’héroïne » mais, il se tut, pas tout à fait certain que c’était de l’humour.

« Tu sais … Je me doute que ce n'est pas évident pour toi. Peut-être que tu ne te sentiras jamais chez toi ici – c'est même très probable. Mais j'aimerais que dans un avenir plus ou moins proche, tu t'y sentes à l'aise. En attendant, ne te gêne pas, tu peux faire ce que tu veux : regarder la télé, ou quoi... Même si je m'excuse d'avance du peu de choix de films qui s'offrira à toi »

Elle sorti ensuite de la chambre qui lui était désigné et Tennessee s’assit sur le lit, regardant un peu son nouvel environnement. En s’approchant de la fenêtre, il remarqua qu’elle donnait sur les escaliers de secours. C’était assez pratique pour sortir discrètement quand la situation le demandait. D’ailleurs, après un regard en arrière, il décida de passer par là. Non pas qu’il voulait s’enfuir définitivement mais, il avait besoin de faire un tour en ville et, pourquoi pas, d’aller revoir quelques anciens amis. Dehors, l’air était glacial mais, ça ne le dérangeait pas, il était habité. En plus, à Los Angeles, il ne faisait jamais aussi froid que dans d’autres régions du monde. Par contre, pour atteindre l’escalier de secours, il lui fallut presque une acrobatie, ce dernier étant plus éloigné de la fenêtre qu’il ne le crut. Pourquoi ne pas passer par la porte ? Il n’avait pas envie d’un discours ou autre sur ses sorties ou pire, des questions. C’était compréhensible. Une fois en bas, il se repéra comme il pouvait, grimpant dans les transports bondés pour quitter le quartier et retourner dans des endroits qui lui étaient bien plus familiers.


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MessageSujet: Re: Back to real world || Tennessee (terminé)   Sam 28 Jan - 19:34


back to real world.
Si elle devait avoir une troisième passion au monde, ce serait bien le cinéma. Si on voulait être correct, on qualifierait plutôt cela d' « hobbie » plutôt que de passion. Depuis petite, elle adorait ça. On pouvait concevoir qu'au fil des années, ses goûts avaient largement évolué, bien entendu. Encore heureux, même ! Elle se souvenait des petites séances cinéma sur le vieux canapé chez ses parents, aux côtés de son père. Tout y passait : Documentaires, séries, films en tout genres... Elle se révélait plutôt bon public. Ils avaient construit leurs petites habitudes au fil du temps. Ils avaient pris la fâcheuse habitude de regarder des séries télévisées policières en particulier. Elle adorait ça. S'il y avait bien des livres qu'elle pouvait lire un jour, ce serait bien des policiers, plus particulièrement les œuvres d'Agatha Christie (si on excluait les romances). Elle en avait lu quelques unes, par curiosité et avait apprécié, bien qu'elle préférait toujours le support visuel. Elle adorait résoudre les enquêtes avant le dénouement final, se creuser les méninges, élaborer tout un tas de scénarios. Durant les publicités (et elles étaient nombreuses), son père et elle échangeaient leurs avis avec animation. Eva avait adoré ces moments partagés, bien qu'ils se soient faits plus rares une fois plus âgée. La jeune femme savait que si elle prenait son courage à deux mains et choisissait de revoir ses parents, si elle s'installait aux côtés de son père, elle retrouverait leur complicité d'avant. En y repensant, elle était empreinte de nostalgie. Toutefois, cela ne suffisait pas à la résoudre à aller leur rendre visite. Non pas qu'ils ne s'entendaient plus ou qu'ils s'en voulaient. Seulement, il y avait des sujets qu'elle n'était pas prête de revoir le jour.

La fin d'après-midi passa plutôt facilement, Eva se levant de temps en temps pour surveiller le plat qui mijotait. Quand approcha l'heure du repas, elle éteignit son pc portable et mit la vaisselle dans l'évier avant de revenir aux préparations. Cela lui prit un peu de temps de finaliser le tout. Néanmoins, elle s'avérait contente du résultat. Elle espérait que cela plairait à Tennessee. Une fois tout fini, elle s'attela à mettre la table mécaniquement avant de vérifier l'heure. Elle hésita à l'appeler maintenant. Une bonne vingtaine de secondes s'écoula avant qu'elle ne daigne se réveiller. Elle s'approcha lentement de la nouvelle chambre de Tennessee et toqua timidement : « Tennessee ? ». Elle attendit : aucune réponse ne suivit. « Euh... J'ai préparé à manger. Si tu n'as pas faim maintenant, ce n'est pas grave : Tu n'as qu'à manger à l'heure que tu veux ». Une fois la télévision allumée, elle se servit, en espérant que Tennessee surgirait de sa chambre. Ce ne fut pas le cas. Alors elle mangea seule, écoutant les infos tout en pianotant sur son téléphone de temps en temps. Elle prit son temps, comme d'habitude. Au final, elle débarrassa ses couverts et hésita devant ceux qu'elle avait mis pour Tennessee. Finalement, elle retourna toquer à la chambre de Tennessee, l'appela et, s'inquiétant de ne pas l'entendre, elle entrebâilla timidement la porte pour se rendre compte qu'il n'était plus là. Un regard en direction de la fenêtre lui fit comprendre qu'il avait dû s'envoler depuis un moment. Et elle qui avait préparé un repas et l'avait attendu comme une cruche... Une véritable imbécile. Comme s'il avait envie de rester ici avec elle. Evidemment qu'il n'attendait qu'une chose : retourner dehors et ne pas la croiser. Sans trop savoir comprendre, elle se sentait... déçue. Pourtant, elle n'avait aucune raison de l'être. Elle s'en était douté. C'était compréhensible et prévisible. Alors pourquoi ressentait-elle de la déception ?

Soudainement lasse, elle s'occupa de débarrasser, nettoyer la table, faire la vaisselle et mettre le plat au frais – évidemment, il allait y avoir des restes ! Après hésitation, elle avait décidé de laisser les couverts dressés pour Tennessee - s'il rentrait, peut-être aurait-il faim. Avec le seul son de la télévision en fond sonore, une sorte de poids pesait sur ses épaules. Que croyait-elle, au juste ? Qu'avec l'arrivée de quelqu'un de chez elle, de quelqu'un à s'occuper, elle éprouverait moins la solitude ? Douce rêverie. Il était fort probable qu'ils se voient rarement, même. Peut-être n'aurait-elle même pas conscience de sa présence. Peut-être qu'il ne reviendrait jamais ici. Dans tous les cas, elle n'y pouvait rien. Ce n'était pas sa mère et ils n'étaient liés d'aucune façon, hormis par un contrat officieux passé entre les parents du jeune homme et elle. Son optimisme aura raison d'elle, un jour. Elle qui espérait naïvement que cela se passerait bien, qu'ils s'entendraient correctement. Cela risquait davantage de ressembler à une relation de coloc qui ne se côtoient jamais. Eva n'allait pas avoir l'impression de mener son travail à bien en agissant ainsi, mais... Elle ne pouvait pas décider toute seule. En réalité, c'était Tennessee qui avait les cartes en main. Lui seul déciderait de comment la situation allait être, contrairement aux apparences qui donnaient un semblant de « pouvoir » à Eva. Tennessee ne risquait rien – elle ne le balancerait jamais, malgré toutes les menaces qu'elle pourrait éventuellement faire. Il était libre d'agir comme il souhaitait. Et ce qu'il souhaitait, en l'occurence, c'était faire sa vie comme il l'entendait – et donc, ne pas s'en sortir. Quelque chose qu'il lui était difficile de comprendre, mais, qui était-elle pour juger ? Ils ne se connaissaient pas. Il y avait sûrement beaucoup de choses qu'elle ignorait de lui. Tout le monde avait différentes moyens de gérer les situations de crise. Pour Eva, cela avait été le travail ou/et le sport. Pour d'autres personnes, c'était autre chose. Pour Tennessee, c'était l'héroïne... et tous les ennuis que cela supposait.

the end.
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